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PAC
Pour une PAC céréalière renouvelée, efficace et cohérente
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Observations : Ce document constitue
la fiche 3 du dossier "Permettre à notre céréaliculture
de jouer ses atouts", élaboré par l'AGPB à l'intention
des partis politiques et candidats aux élections de 2002. Vous
pouvez accéder à l'ensemble du dossier en cliquant
ICI.
Depuis 1962, l'Europe des céréales vit avec une
Organisation Commune de Marché. Il a toujours été
considéré en effet que dans un domaine aussi stratégique
que les céréales - pour la sécurité alimentaire,
mais aussi sur le plan géopolitique - l'ajustement
de la production aux besoins et la détermination
des prix ne pouvaient résulter d'une confrontation
non organisée de l'offre et de la demande.
A l'inverse de ce qui se passe dans le secteur
industriel, la production de céréales est aléatoire,
d'une part compte tenu de sa soumission aux facteurs
climatiques, d'autre part parce qu'elle dépend également
de décisions d'ensemencement qui sont de fait de
centaines de milliers d'agriculteurs. De ces aléas,
il peut résulter d'importants écarts des récoltes
par rapport à la demande et des à-coups sur les
prix destructeurs pour l'appareil de production. D'où
des interventions des Pouvoirs publics visant, dans
la quasi-totalité des grands pays producteurs, à réguler
l'offre de céréales (via du stockage public, de la
maîtrise de production) et/ou à contenir
l'amplitude des variations de prix ou de leurs
effets (actions de contrôle des importations et
exportations, soutien des prix, aides aux
agriculteurs).
Dans l'U.E., l'intervention des Pouvoirs publics
dans le secteur céréalier s'exprime par la mise en
œuvre de divers outils : intervention (achat pour
stockage public à un prix minimum), mesures aux
frontières (droits de douane à l'importation,
subventions aux exportations [" restitutions
"] ou, à l'inverse, taxation des exportations,
jachère et aides directes à la surface cultivée.
Les producteurs de céréales européens attachent
une importance particulière à l'Organisation
Commune des Marchés (OCM) des céréales. Elle est
un moyen efficace et peu coûteux d'assurer un filet
de sécurité au producteur et de stabiliser les
marchés céréaliers. Les échéances à venir -révision
à mi-parcours d'Agenda 2000 (" mid term review"),
élargissement et négociations agricoles à l'OMC-
doivent être l'occasion de la conforter en la
renouvelant pour lui redonner toute son efficacité
et sa cohérence.
La fiche " Négociations de l'OMC : les points
clefs pour la céréaliculture française "
expose quelles sont les positions des producteurs en
ce qui concerne les mesures aux frontières et les mécanismes
d'aide directe en général. Pour ce qui relève
plus strictement de la compétence de l'Union Européenne,
ces derniers rappellent leur souci de voir
l'intervention jouer un rôle effectif de filet de sécurité,
d'une part, et la nécessité d'une évolution réaliste
des aides directes, d'autre part.
A- Pour une intervention qui joue son rôle de
filet de sécurité
Bien sûr, l'efficacité du mécanisme
d'intervention est liée aux mesures aux frontières
: toute accumulation déraisonnable de stocks
publics du fait d'importations massives et/ou
d'exportations insuffisantes condamnerait
l'intervention. Mais il importe aussi pour que
l'intervention joue son rôle de filet de sécurité,
que le prix d'intervention puisse jouer son rôle le
cas échéant : il ne faut pas qu'il soit fixé à
niveau trop bas et que sa mise en œuvre ne soit
soumise à des critères trop restrictifs (critères
physiques, comme le poids spécifique, et critères
physiologiques, comme le taux de protéines) .
Une baisse supplémentaire du prix d'intervention
dans le cadre de la révision à mi-parcours d'
Agenda 2000 ne se justifie en aucun cas.
· les prix d'intervention des céréales se situent
en moyenne au niveau du prix mondial.
· une simulation avec les prix d'Agenda 2000 sur
les 20 dernières années montre que l'intervention
n'aurait été utilisée qu'une année sur cinq.
· 70% des exportations de blé et d'orge sont
faites sans restitution. Depuis 18 mois, l'orge a été
systématiquement exportée sans restitution et il
en est de même pour le blé depuis plus de 8 mois.
· le niveau des stocks est historiquement bas (7
millions de tonnes toutes céréales pour le début
de la campagne 2001/2002).
De la même manière, il ne saurait y avoir
resserrement des critères d'éligibilité à
l'intervention des céréales.
La Commission a adopté en 2000 un tel resserrement,
peu de mois après l'entrée en application d'Agenda
2000. Ce resserrement a entraîné, à qualité égale
de céréales, une baisse de plus de 7% du prix payé
au producteur par rapport au prix fixé par Agenda
2000. En outre, les volumes qui ne peuvent plus accéder
à l'intervention sont vendus à plus bas prix, ce
qui tire l'ensemble du marché vers le bas.
Si des modifications doivent être adoptées quant
à la mise en œuvre de l'intervention, c'est dans
le sens d'une homogénéisation à l'intérieur de
l'U.E. Ainsi, en Allemagne, les organismes stockeurs
reçoivent des primes nationales complémentaires
aux prix d'intervention communautaires. Dans ces
conditions les organismes stockeurs allemands ont
intérêt à faire du stockage à l'intervention et
proposent aux agriculteurs des prix supérieurs au
prix d'intervention. Cette situation rend attractive
l'intervention notamment pour le seigle, dont l'U.E.
ne sait déjà que faire. Elle ne permet pas à
l'agriculteur de percevoir les signaux du marché
et, enfin, elle provoque des distorsions de
concurrence entre les Etats membres.
Pour que l'intervention puisse fonctionner
efficacement, il conviendrait d'éliminer ces
distorsions.
B - Pour une évolution réaliste des aides
directes à la surface
M. Fischler a annoncé qu'il souhaitait profiter
de la révision à mi-parcours pour renforcer "
le deuxième pilier " de la PAC (développement
rural), l'objectif étant de transférer une partie
des aides directes à la surface vers ce deuxième
pilier.
Les producteurs de céréales et d'oléoprotéagineux
veulent rappeler que :
· les aides directes ont été mises en place lors
de la réforme de 1992 pour compenser la baisse du
prix d'intervention, elle-même décidée afin de répondre
à la politique de prix bas poursuivie par les
autorités américaines sur les marchés. Lors de la
réforme d'Agenda 2000, la nouvelle baisse du prix
d'intervention n'a été compensée par une
augmentation des aides directes qu'à hauteur de
50%.
· depuis 3 ans, le revenu des exploitations spécialisées
en céréales et oléoprotéagineux est en baisse
dans l'ensemble de l'Union Européenne. Cette évolution
s'explique par l'évolution défavorable des prix de
vente des grains, mais aussi par l'évolution du
montant des compensations. En France, la baisse des
revenus céréaliers est très marquée (-37% en
quatre ans). Cette situation est liée à la mise en
œuvre de la modulation des aides. A l'inverse des
quelques autres Etats qui ont choisi de mettre en œuvre
cette mesure optionnelle d'Agenda 2000, la France a
opté pour une modulation à taux progressif,
fortement progressif même, qui touche particulièrement
les exploitations céréalières.
Dans ce contexte, l'AGPB réaffirme l'importance
vitale des aides directes pour assurer la viabilité
des exploitations céréalières. La Commission
européenne travaillant sur deux hypothèses dans la
perspective de la révision à mi-parcours -
adoption d'une modulation obligatoire ou dégressivité
des aides dans le temps - l'AGPB demande que :
· en cas de modulation obligatoire, le prélèvement
soit linéaire et limité à 2% des aides, les
exploitants ayant un potentiel de production de 92
tonnes de céréales étant exonérés,
· en cas de dégressivité, celle-ci ne soit pas
supérieure aux gains de productivité de
l'agriculture et prenne en compte l'inflation.
Quelle que soit la mesure retenue, il est nécessaire
qu'elle soit effectivement obligatoire et appliquée
de la même manière dans chacun des Etats membres.
Toute solution optionnelle ou à géométrie
variable ne peut que créer des distorsions de
concurrence et inciter les agriculteurs à faire des
choix économiques qui ne sont pas cohérents avec
le marché.
[AGPB - 18 mars 2002]
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