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PAC
L'élargissement de l'Union Européenne aux Pays d'Europe Centrale et Orientale : position de l'AGPB et de l'AGPM
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I - Budget et élargissement
Les perspectives financières 2000-2006 adoptées
à Berlin prévoient de financer, à partir de 2002,
l'adhésion de 5 pays d'Europe Centrale et Orientale
(PECO) pour lesquels le processus d'élargissement a
déjà débuté (Pologne, Hongrie, République tchèque,
Slovénie, Estonie). Les dépenses prévues dans le
cadre de cet élargissement excluent les aides
directes de la PAC.
Depuis deux éléments nouveaux sont venus déstabiliser
ce scénario :
Au
Conseil européen d'Helsinki en décembre 1999, les
Quinze ont retenu le principe que les adhésions des
différents pays candidats (10 PECOs + Chypre et
Malte) pourront s'échelonner entre 2002 et 2005
pour les pays remplissant les critères fixés par
l'Union européenne.
Des négociations d'adhésion seront engagées dès
2000 avec 6 pays candidats qui satisfont aux
critères politiques de Copenhague et ont apporté
la preuve qu'ils sont prêts à prendre les mesures
nécessaires pour satisfaire aux critères économiques,
soit la Lituanie, la Roumanie, la Bulgarie, la
Slovaquie, la Lettonie et Malte.
De plus, le Conseil européen s'est engagé à ce
que la réforme institutionnelle permettant l'adhésion
des PECOs soit mise en place en 2002 afin de pouvoir
prendre des décisions d'adhésion dès cette année.
Dans le cadre des négociations
d'élargissement déjà engagées avec les 6
premiers pays (5 PECOs + Chypre), le bénéfice
des aides directes constitue une revendication
politique forte de leur part.
Les dernières réponses apportées par l'Union
européenne montrent une évolution favorable à l'égard
de la demande des PECOs. Lors d'un récent déplacement
en Pologne, M. FISCHLER a fait preuve d'ouverture
sur ce point. Il a notamment déclaré qu'il n'était
pas envisageable d'avoir une PAC à deux vitesses et
il a ajouté que pendant la période de transition,
qui semble indispensable, des aides directes
progressives pourraient être accordées aux
nouveaux adhérents.
Quelques éléments chiffrés :
La décision d'étendre les négociations d'adhésion
à 6 nouveaux pays pourrait d'ores et déjà
engendrer un surcoût par rapport à la
programmation initiale.
Les premières évaluations montrent que
le coût
additionnel de l'octroi des aides directes aux 10
PECOs serait compris entre 8 et 10 milliards d'euros
en 2005, soit près d'un quart des dépenses
agricoles de l'Union européenne.
Ces dépenses sont donc très largement
surdimensionnées par rapport aux montants prévus
dans les perspectives financières. Elles pourraient
représenter une augmentation de + 50 % du budget
"élargissement".
L'examen de scénarios d'intégration plus
progressifs implique de facto une diminution du coût
de l'intégration. Toutefois la question budgétaire
reste bien évidemment posée et se double d'une
question relative aux modalités d'intégration de
ces pays (reprise de l'acquis communautaire et périodes
transitoires).
En tout état de cause, les perspectives financières
2000-2006 adoptées à Berlin ne sont pas adaptées
au nouveau challenge lancé à Helsinki et ne
permettent en aucun cas d'accéder même de manière
partielle, à la demande des pays adhérents en ce
qui concerne les aides directes. Ceci est d'autant
plus grave pour la PAC que ces débats se déroulent
dans un contexte de forte contrainte budgétaire.
II - Les modalités d'intégration des PECOs
Le potentiel agricole des PECOs est très important,
notamment pour les céréales. La Commission évalue
l'excédent céréalier en 2006 à 8,5 millions de
tonnes. Les offres des 6 premiers pays candidats
relatives au chapitre agricole partent de l'hypothèse
d'une adhésion rapide à l'Union européenne et ne
demandent pas de période transitoire horizontale
pour la PAC.
Même si la restructuration de la céréaliculture
des PECOs est plus lente que prévue, les niveaux de
prix des céréales dans les PECOs se sont
sensiblement rapprochés de ceux de l'Union
européenne,
ils sont même supérieurs en Pologne.
Dans ces conditions, nous estimons que l'entrée des
PECOs doit se faire dans le respect total de l'OCM céréales
pour éviter d'importantes difficultés dans la
gestion des marchés et des dysfonctionnements qui déstabiliseraient
l'ensemble du marché communautaire.
C'est pourquoi, l'AGPB et l'AGPM estiment que :
L'élargissement ne doit pas constituer une
occasion supplémentaire de remettre en cause la PAC.
Il semble donc indispensable que
les pays
candidats reprennent le plus rapidement possible, et
de la manière la plus complète, la totalité de
l'acquis communautaire tant pour les aspects
relatifs à la régulation et à la gestion des
marchés (pour éviter d'affecter le fonctionnement
des marchés communautaires) que dans le domaine
sanitaire (pour favoriser le développement du
commerce intra-communautaire dans les mêmes
conditions de sécurité sanitaire pour les tous
consommateurs).
Toute dérogation durable à l'acquis communautaire
correspondrait à un affaiblissement de la PAC.
Aussi, dans la mesure où
les nouveaux Etats
membres devraient respecter les mêmes règles et
contraintes que celles auxquelles nous sommes
soumis, il est normal et justifié qu'ils bénéficient
aussi des aides directes.
La PAC est une politique commune, elle doit
s'appliquer à tous dans les mêmes conditions.
L'Union européenne doit faire preuve de réalisme
et doit mettre en face de ses ambitions politiques
les moyens financiers correspondants. Toute
discussion relative à l'élargissement qui occulte
les conséquences financières est une discussion de
dupes tant pour les pays candidats que pour les
agriculteurs européens, sauf à considérer que la
PAC doit être profondément remaniée en fonction
d'impératifs budgétaires.
Si tel était l'objectif de la Commission et du
Conseil, il faut le dire et cesser de nous faire
croire que les accords de Berlin donnent un cadre
intangible pour l'agriculture européenne jusqu'en
2006.
[AGPB - 5 mai 2000]
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