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OMC
A propos de la compatibilité du Farm Bill avec l'O.M.C et de l'attitude de l'U.E à ce sujet
 



1) Le Farm Bill est-il attaquable en tant que tel à l'O.M.C? Mr Fischler, lors d'une conférence de presse le 27 mai à l'issue du Conseil des ministres de l'Agriculture, a estimé que non, tant que les plafonds des accords de Marrakech ne sont pas dépassés. Il a expliqué que la situation était différente de celle de l'acier, dans laquelle les règles de l'O.M.C sont enfreintes.

Tout le problème est là, dans la rédaction des accords de Marrakech :

a) il se pourrait que la clause " de minimis " (*) , après avoir couvert les aides d'urgence attribuées depuis 1998, couvre les " paiements contracycliques ", lesquels ne sont que l'institutionnalisation des aides d'urgence,

b) quant aux aides de " marketing loan ", il faudrait que leur montant s'accroisse nettement (ce à quoi peut tendre le Farm Bill, puisqu'il incite à produire sans retenue et risque donc de faire plonger durablement les marchés) pour mettre les Etats-Unis en infraction par rapport aux règles. Jusqu'à présent, le versement de ces aides n'a pas provoqué de dépassement du plafonds de soutiens internes " boîte orange " imparti aux Etats-Unis, bien qu'elles se soient élevées jusqu'à 7,89 milliards de dollars (plus haut niveau atteint) durant la campagne 1999/2000.

2) Bien évidemment, l' U.E ne doit pas s'arrêter à ce constat. Elle ne peut pas se contenter de jouer la carte de l'attentisme : même si les règles de Marrakech sont respectées, la politique américaine est perverse car ces règles elles-mêmes sont perverses. C'est-là que réside le véritable débat. L'adoption du nouveau Farm Bill n'est qu'un épiphénomène par rapport aux tendances lourdes de la politique américaine des grandes cultures, laquelle est favorisée par les règles de Marrakech. Il faut donc que l'Europe remette en cause ces règles à l'occasion du nouveau cycle de négociations.

3) Dans ces négociations, il ne suffit pas que l'U.E , d'une part, se batte pour que certaines pratiques d'aide alimentaire et de crédit à l'exportation soient assimilées à des subventions à l'exportation et, d'autre part, conteste le classement en boîte verte des aides directes ordinaires américaines.

Il lui faut aussi :

a) obtenir la condamnation des aides de marketing loan en les attaquant sur tous les fronts : elles doivent être contestées non seulement en tant que soutiens internes classés en boîte orange, mais, également, parce qu'elles jouent comme des subventions à l'exportation et comme des protections contre les importations,

b) obtenir le démantèlement de la clause de minimis.

4) Les échéances pour agir dans ces directions sont maintenant très proches. Le 17 juin, le Comité de l'Agriculture de l'O.M.C a commencé à discuter de ce qui doit être considéré comme subventions à l'exportation. A partir du 2 et du 23 septembre respectivement, il en fera de même en ce qui concerne les mesures de protection aux frontières (" accès aux marchés ") et le potentiel de distorsion des différents mécanismes de soutien interne.


(*) La clause " de minimis " exempte de réduction les soutiens internes classés en boîte
 orange lorsque :
- spécifiques à une production, ils n'excédent pas 5% de la valeur de cette production,
- non spécifiques à telle ou telle production, ils n'excédent pas 5% de la valeur de l 'ensemble des productions du pays.



                                                                                         [AGPB - 20 juin 2002]

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