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OMC
Négociations à l'OMC : les points clefs pour la céréaliculture française |
Observations : Ce document constitue
la fiche 2 du dossier "Permettre à notre céréaliculture de
jouer ses atouts", élaboré par l'AGPB à l'intention des partis
politiques et candidats aux élections de 2002. Vous pouvez accéder
à l'ensemble du dossier en cliquant
ICI.
Aux termes des discussions de la Conférence ministérielle
de Doha et de l'accord auquel elle a abouti le 14
novembre 2001, les négociations agricoles de l'OMC
vont se focaliser sur trois thèmes : l'amélioration
de l'accès aux marchés, thème couvrant les
questions relatives aux protections aux frontières
; la réduction des différentes formes de
subventions à l'exportation ; la réduction des
soutiens internes à l'agriculture (aides aux
exploitants) ayant des effets de distorsion sur les
échanges.
A - Accès aux
marchés : rééquilibrer le traitement
réservé à l'U.E.
Les producteurs de céréales français demandent :
- que toute concession européenne soit subordonnée
à l'imposition de disciplines sur les soutiens
internes grâce auxquels des concurrents font
baisser leurs prix de marché, trouvant ainsi le
moyen de favoriser leurs exportations et de se protéger
contre les importations,
- que tout accroissement des volumes de contingents
tarifaires (quotas de produits pouvant entrer à
droits de douane réduits ou nuls) ait comme
contrepartie des concessions permettant d'accroître
les exportations européennes.
Cette demande s'appuie sur le fait qu'en la matière,
parmi les pays signataires des accords de l'OMC en
1994, l'U.E. est l'un des pays qui a le mieux mis en
œuvre ses obligations
- que soit abolie la clause des derniers accords de
l'OMC plafonnant à 155% du prix de soutien des céréales
européennes le prix d'entrée (prix aux frontières
+ droits de douane) des céréales importées . A la
suite de l'adoption d'Agenda 2000, qui a conduit à
une baisse de 15% du prix de soutien des céréales
dans l'U.E., le prix d'entrée a été
automatiquement abaissé et les droits de douane
européens sur les importations de céréales se
sont trouvé ramenés à zéro ou quasiment sans
contrepartie. Cette clause n'est plus supportable.
B - Prendre en
compte toutes les formes de subventions
à l'exportation
Les producteurs de céréales français demandent
que toutes les formes d'aides à l'exportation
soient soumises à discipline et non seulement les
aides qui permettent d'exporter à un prix moindre
que le prix du marché intérieur, telles que les
restitutions européennes.
Ainsi, doivent être pris en compte les
subventionnements et garanties de crédits à
l'exportation, qui, dans certains pays exportateurs
de céréales, permettent des taux et délais de
remboursement imbattables. Il est nécessaire également
d'assortir l'aide alimentaire de conditions de mise
en œuvre empêchant qu'elle puisse être utilisée
comme un moyen de s'implanter sur des marchés ou de
résorber des excédents au détriment des
concurrents. Il faut enfin considérer comme des
subventions à l'exportation les mécanismes tels
que le marketing loan américain, grâce auquel les
exploitants sont incités à vendre à n'importe
quel prix, assurés qu'ils sont de recevoir du
gouvernement fédéral la différence par rapport à
un niveau de recette minimum garantie.
C - Reconsidérer
le classement des soutiens internes
La classification actuelle des soutiens internes
dans les boites orange (soutiens faussant le jeu du
marché et donc soumis à réduction), bleue
(soutiens considérés comme interférant sur le
fonctionnement de marché mais tolérés du fait
qu'ils sont subordonnées à une maîtrise de la
production) et verte (soutiens autorisés) n'est pas
pertinente. L'U.E. s'en trouve pénalisée et cette
classification doit être reconsidérée.
a) Ainsi est-ce abusivement que le prix
d'intervention (de soutien) des céréales européen
est classé en boîte orange puisqu'il est déjà
contraint par les mesures tendant au démantèlement
des droits de douane et des subventions à
l'exportation (il n'est pas possible en effet
d'avoir un prix d'intervention sans des droits de
douane et subventions à l'exportation suffisamment
en phase pour assurer son efficacité). Il y a donc
triple comptage à classer le prix d'intervention en
boîte orange en même temps que sont réduits les
droits à l'importation et les subventions à
l'export.
Le mécanisme du marketing loan américain (présentée au point B)
ci-dessus) constitue bien en revanche une protection à l'importation
en même temps qu'une aide à l'exportation : c'est une raison de
le soumettre à des disciplines spécifiques supplémentaire.
b) Autre exemple, les aides directes aux céréaliers
européens sont classées en boîte bleue tandis que
les aides directes aux céréaliers américains
(hors aides d'urgence et aides de marketing loan)
sont classées en boîte verte. La différence est
que les aides européennes sont attribuées sur la
base d'hectares de culture déclarés annuellement,
tandis que les aides américaines sont attribuées
sous forme d'enveloppes forfaitaires par
exploitation, dites pour cette raison " découplées
" de la production et considérées en conséquence
comme n'avantageant pas leurs bénéficiaires.
Pourtant, comme en Europe, l'existence de ces aides
a pour conséquence que les " farmers "
peuvent vendre au-dessous du prix de revient. Ils le
font sur des volumes d'autant plus importants qu'il
ne leur est pas imposé, à l'inverse de leurs collègues
européens, de mettre des terres en jachère pour
percevoir ce type d' aides.
Les aides directes ordinaires américaines faussent
donc davantage les marchés que les aides directes
européennes. En conséquence, la boîte bleue
devrait être préservée, à l'inverse de ce que
demandent les Etats-Unis, et les aides directes
ordinaires américaines devraient être sorties de
la boîte verte, compte tenu de leurs effets
distorsifs.
Sur tous ces sujets, la première phase des négociations,
qui se termine en mars 2003, sera déjà déterminante.
Cette phase consiste à établir ces règles et
disciplines générales de la négociation, c'est à
dire à négocier sur la manière de négocier.
C'est donc durant cette phase qu'il sera déterminé
quelles aides à l'exportation autres que les
subventions directes -crédits préférentiels à
l'exportation etc.- doivent être soumises à négociation
et de quelle manière. OU encore, si le classement
des soutiens internes en aides autorisées, tolérées
sous conditions et soumises à diminution doit être
reconsidéré et comment. OU encore, sous quelle(s)
forme(s) doit être entreprise l'ouverture des
frontières (diminution linéaire des droits de
douane tous produits, diminutions différenciées
par produit, réduction des droits les plus élevés
etc.).
Ainsi est-ce en fonction de ces travaux de la
première phase que pourra ou non être ultérieurement
remis en cause, lors des négociations sur le fond,
le classement en aides autorisées de certaines
aides directes aux producteurs américains.
[AGPB - 18 mars 2002]
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