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I.
Orientations politiques du Canadian
Wheat Board
(Canadian
Wheat Board - Winnipeg 24/06/1999)
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Un
référendum auprès des producteurs
de blé a montré que
70 % d'entre eux veulent conserver
le Canadian Wheat Board (C.W.B ;
Office Canadien du Blé) dont la
situation de monopole est très
contestée, à la fois par
l'extérieur et par l'intérieur.
Les Américains veulent casser la
redoutable force commerciale que
représente le regroupement de
l'offre de blé canadienne au nom du
manque de transparence du
fonctionnement du C.W.B. Certains
producteurs canadiens, notamment
ceux qui cultivent près de la
frontière des U.S.A. voudraient
pouvoir vendre en direct par camion
sur un marché soutenu par les
mesures à l'exportation qui, par
effet d'aspiration sur le marché
intérieur américain rendent les
prix plus attractifs qu'au Canada.
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En
conséquence, le C.W.B. se prépare
à être quasiment inattaquable à
l'O.M.C. en devenant moins
gouvernemental : son conseil
d'administration, autrefois 5
personnes nommées par le
gouvernement, est dorénavant composé
de 13 membres, 10 élus par les
agriculteurs, sur une base régionale,
et 3 nommés par le gouvernement.
Les nouveaux statuts lui donnent réellement
le pouvoir de diriger le C.W.B.
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Le
C.W.B. fonctionne comme une coopérative.
Chaque année il décide d'un prix
acompte qui sera suivi de compléments
de prix une fois la campagne de
commercialisation terminée. Le prix
acompte est fixé à 75 % du prix
moyen de campagne anticipé par le
C.W.B. et est garanti par l'Etat Fédéral
Canadien. Il s'agit donc d'un prix
plancher, mais fluctuant d'une année
sur l'autre en fonction de la
conjoncture. Sur les 40 dernières
années, le prix de marché n'a été
que 3 fois inférieur au prix
acompte. Le conseil d'administration
réfléchit actuellement à la mise
en place d'un fonds de garantie pour
assurer le complément de prix. La décision
n'est pas encore prise.
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Le
prix est garanti par qualité de blé
rendu Vancouver (Océan Pacifique)
ou Thunder Bay (Grands Lacs puis Océan
Atlantique). Chaque classe de blé
fait l'objet d'un compte séparé au
sein du C.W.B. Le coût du transport
est à la charge du producteur. En
1897, une subvention au transport
avait été mise en place pour aider
le grain à franchir les 2000 km qui
séparent parfois les régions de
production des ports d'exportation.
Cette subvention, proportionnelle à
la distance, agissait comme une légère
péréquation, relevant le prix départ
ferme dans les régions les plus
reculées du Saskatchewan. Cette
subvention est tombée sous les
coups de boutoir des américains au
G.A.T.T. en 1996, juste avant de
devenir centenaire. Il en est résulté
des baisses de prix plus importantes
au centre de la Prairie canadienne
qu'à ses extrémités ouest et est.
Cette évolution a orienté un grand
nombre de producteurs vers la
transformation sur place de leur céréales
notamment en production porcine.
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Sauf
pour des variétés très spécifiques
que le C.W.B. peut être amené à
faire produire sous contrat, il
n'est jamais tenu compte des frais
de stockage qui sont à la charge du
producteur.
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Le rôle
et le comportement du C.W.B. vis à
vis des producteurs pourrait évoluer
assez rapidement, sous l'effet des
pressions des américains en direct
par leurs revendications politiques
et commerciales et de manière
indirecte par le modèle qu'ils
proposent aux producteurs canadiens
et que certains voudraient voir
adopter :
- le C.W.B. va proposer un système
de ventes à terme. Il sera adossé
sur les marchés à terme américains,
celui de Winnipeg n'ayant pas la
taille nécessaire pour supporter un
opérateur aussi important que le
C.W.B. Les opérations financières
ainsi générées pourraient être
prises en charge par le fonds de
garantie du complément de prix.
- un prix comptant est à l'étude,
mais il est pour l'instant refusé
par le conseil d'administration. Son
rôle devrait être de pouvoir
attirer la marchandise quand les
prix montent.
Les quantités qui seraient ainsi négociées
par le C.W.B. auprès des
producteurs sortiraient logiquement
du système de prix moyen.
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Les
chemins de fer restent un point stratégique
de la filière blé au Canada. Deux
compagnies se partagent le marché,
Canadian Pacific, compagnie privée et
Canadian National a aujourd'hui
nationalisée. Lorsque l'Etat fédéral
accordait sa subvention, il réglementait
du même coup les tarifs de transport du
grain. Le C.W.B. était chargé
d'organiser la rotation des wagons.
Aujourd'hui, il doit tout négocier avec
les compagnies et il se heurte à des
difficultés. L'année dernière, elles
avaient privilégié le transport de
charbon, plus rentable, au détriment du
blé. Le C.W.B. a gagné le procès
qu'il leur avait intenté pour rupture
de contrat de service public. Cette année,
ce sont des problèmes de tarifs qui se
posent. Comme ils sont négociés à
l'année, cela leur permet d'être, en
moyenne, moins élevés qu'aux U.S.A. où
le prix varie d'un jour à l'autre en
fonction de la demande, mais cela ne les
empêche pas d'être parfois plus élevés.
Certains s'interrogent donc sur
l'opportunité de mettre en place un
marché du fret, mais beaucoup estiment
qu'il n'y a pas assez de concurrence
avec seulement deux compagnies.
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Les
attaques des U.S.A. contre
l'organisation canadienne sont
constantes, aussi bien dans le
cadre de l'accord nord-américain
qu'à l'O.M.C. Les canadiens
subissent leur 8ème panel.
L'origine des actions américaines
provient de pressions sur le
Congrès des U.S.A. de la part :
- des traders internationaux qui
voient les volumes maîtrisés
par le C.W.B. leur échapper ;
- des agriculteurs américains
qui constatent que de la
marchandise canadienne vient les
concurrencer en raison de
l'accord de libre concurrence.
Mais rien n'a jamais pu être
reproché au C.W.B.
Toutes ces évolutions peuvent
s'interpréter comme le démantèlement
de l'organisation de marché,
peut-être trop stricte mais
redoutablement efficace, qui a bâti
la réputation du Canada.
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II. Variétés et classement des blés
(Commission
Canadienne des grains - Winnipeg
24/06/1999)
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Il
existe 7 classes de blé au Canada, qui
sont, par ordre d'importance de la
production :
- Canada Western Red Spring : haute
teneur en protéine, standard pour les
pains de mie.
- Canada Western Amber Durum : blé dur.
- Canada Prairie Spring White : c'est le
blé des nouilles asiatiques, fort taux
d'extraction de farine, faibles capacités
de gonflement.
- Canada Western Extra Strong :
excellent pour les mélanges avec les blés
un peu faibles.
- Canada Prairie Spring Red : un blé
multi-usages en panification, y compris
de type française.
- Canada Western Red Winter : blé
d'hiver, à l'inverse des autres qui
sont tous des blés de printemps, adapté
au marché des produits asiatiques.
Chacune de ces classes doit être
identifiable à l'il pour classement dès
le silo de collecte. Le grading appliqué
sur chaque classe ne retient que des
caractéristiques physiques (poids spécifique,
humidité, impuretés
). Toutefois,
les collecteurs séparent de plus en
plus les lots à l'intérieur d'une même
classe en fonction de la teneur en protéines.
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L'introduction
d'une nouvelle variété suppose donc,
premièrement d'être sûr de la classe
à laquelle elle appartient malgré les
variations interannuelles et deuxièmement
de fixer son apparence extérieure en
fonction de la classe à laquelle elle
appartient. La mise au point d'une
nouvelle variété prend ainsi
couramment 10 ans après sa " découverte
". Les 4 dernières années sont
consacrées à l'inscription : la première
année, la variété est présentée à
la Commission Canadienne des Grains (C.C.G.)
; les années 2, 3 et 4 ont lieu les
essais de plein champ qui permettent à
la C.C.G. de vérifier la stabilité des
caractéristiques d'aspect et de
composition physique et chimique (le
taux de protéine est contrôlé, car il
ne faut pas dégrader le standard de la
classe) qui débouchent sur
l'inscription ; deux années de
multiplication sont ensuite exigées
avant mise sur le marché.
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Il
y a, par classe, de 0 à 6 variétés
enregistrées chaque année, en moyenne
1 à 2. Les plus nombreuses sont dans la
classe la plus cultivée, le Western Red
Spring.
Les nombres de variétés actuellement
cultivées s'établissent ainsi :
- CWRS : 32variétés disponibles dont 8
font plus de 80 % des surfaces :
- CHAD : 8 variétés
- CPSW : 3 à 4 variétés
- CWES : 3 à 4 variétés
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Il
existe un processus de désenregistrement
pour les variétés non ou trop
faiblement utilisées. L'obtenteur peut
également désenregistrer sa variété.
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