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Environnement
Proposition de l'AGPB concernant
l'assiette de la redevance azote prévue
dans le projet de loi sur l'eau |
Observations : le présent document a
été remis au rapporteur du projet de loi sur l'eau
à l'Assemblée Nationale lorsque l'AGPB l'a
rencontré le 26 septembre pour lui exposer ses vues.
Pour l'A.G.P.B , le principe de calcul de la "redevance azote" retenu dans le projet de loi
sur l'eau est préférable au principe d'une
taxation dès le premier kilo d'engrais. Les
exploitants qui travaillent correctement ne
sauraient cependant être taxés. Les modalités du
calcul devraient accorder davantage de valeur à
leur comportement.
Lissage de la redevance
sur 3 ans
Le principe d'une redevance calculée sur une période
annuelle ne correspond pas à la réalité
agronomique.
D'une part, la variabilité inter-annuelle des rendements est
une réalité que le seul calcul prévisionnel de la fertilisation
azotée ne peut anticiper (voir en annexe
1 les résultats sur 28 ans d'un groupe de parcelles).
D'autre part, l'excédent accidentel constaté sur
une culture une année donnée ne crée pas de
risque pour l'environnement s'il est pris en compte
dans le calcul de la fertilisation de la culture
suivante (ex : rotation blé/colza) ou s'il est piégé
par une culture intermédiaire ou par d'autres
pratiques.
Dans le cas d'une année où les rendements seraient
accidentellement plus faibles que la tendance prévisible,
le mode de calcul proposé aboutirait à superposer
une redevance élevée à un faible résultat économique
de l'exploitation .
Coefficient de 2.1 pour
les blés améliorants
Cette catégorie de blés tendres présente, à
l'optimum de rendement, une teneur en protéines supérieure
à celle des blés panifiables courants ou supérieurs.
Leur culture conduit donc à des exportations supérieures
que le coefficient de 1.9 des blés tendres
classiques ne permet pas de prendre en compte.
Le coefficient des exportations pour les blés améliorants
pourrait être assimilé à celui des blés durs
(2.1), qui affichent une teneur en azote des grains
équivalente.
Mesures justifiant des
abattements supplémentaires
Le principe du bilan "entrées/sorties"
constitue une première approche, mais il ne tient
pas compte des effets modérateurs de certaines
techniques par rapport au risque de lessivage des
nitrates. Il est donc indispensable de prévoir un
ensemble d'abattements pour prendre en compte, voire
encourager, la mise en place de techniques
correctrices ou modératrices du risque nitrates.
Nous proposons de distinguer deux trains de mesures.
Techniques visant à fixer
l'azote minéral du sol
Le projet de texte prévoit une décote
forfaitaire de 50 Kg N/ha en cas de culture intermédiaire
piège à nitrates (CIPAN). Il ne traite pas
cependant des systèmes de culture dans lesquels il
n'est pas possible d'introduire une CIPAN (période
d'interculture trop courte), mais qui offrent un bon
taux de couverture du sol en période hivernale (ex
: colza/blé/orge). Il conviendrait logiquement d'élargir
la notion de piégeage de l'azote à d'autres
techniques et situations, en particulier :
- à la présence d'une culture d'hiver, à
hauteur de 20 Kg N/ha
Une céréale implantée avant le 30/10 est capable de soustraire
du sol, pendant la période de drainage, de 10 à 30 unités d'azote
(voir annexe 2 ; les valeurs
indiquées sont d'ailleurs utilisées dans le calcul de la dose
d'azote via la méthode du bilan).
- au développement des repousses de céréales,
à hauteur de 30 Kg N/ha
A condition qu 'elles ne soient pas détruites trop tôt (soit
environ 2 mois de présence), les repousses de céréales sont
capables de soustraire du sol 20 à 40 Kg N/ha (voir en annexe
3 les résultats obtenus sur la station expérimentale
de l'Institut Technique des Céréales et des Fourrages de La
Jaillière, Loire Atlantique).
- à l'incorporation des résidus de culture à
C/N élevé, à hauteur de 30 Kg N/ha
La décomposition des résidus de culture riches en carbone (pailles
de céréales, cannes de maïs…) est une réaction consommatrice
d'azote. Dans les conditions au champ, on observe au global
une immobilisation d'environ 30 Kg N/ha (voir en
annexes 4 et 4 bis
les résultats d'essais au champ).
Techniques visant à améliorer
l'efficience de l'azote apporté (15 kg N/Ha)
Les outils de pilotage de la
fertilisation azotée développés depuis quelques années ont pour
objectif d'adapter le niveau de la fumure azotée aux besoins
de la culture (voir annexe 5).
Leur principe repose sur la mise en œuvre d'une
dose minorée de 40 unités puis de compléter, si nécessaire,
la fertilisation en cours de végétation. Cette technique de
pilotage permet de mieux prendre en compte les variations de
potentiel que la méthode classique, basée sur un calcul prévisionnel,
ne peut anticiper. Des tests comparatifs sur plus de 200 essais
(voir annexe 6) montrent que
la technique du pilotage permet de réduire les risques de sur-fertilisation.
La mise en œuvre du pilotage de l'azote représente
malgré tout un surcoût de l'ordre de 50 F/ha. Si
le système de redevance ne prenait pas en considération
les efforts des agriculteurs pour mieux ajuster
leurs doses d'azote, aux besoins de la culture, il y
aurait risque de voir régresser une technique qui,
pourtant, diminue les cas de sur-fertilisation et
augmente les exportations d'azote à la parcelle.
Le gain global pour l'environnement pouvant être
estimé à 15 Kg N/ha, il serait juste d'appliquer
un abattement de même niveau pour les surfaces
ayant bénéficié d'un pilotage azote. La mise en
œuvre de ce pilotage sur l'exploitation peut
facilement être prouvée par la présentation de
bordereaux de suivi technique et/ou celle des
factures de prestation de service.
[AGPB - 1er octobre 2001]
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