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Economie céréalière

Avis du groupe consultatif " Céréales, oléagineux et protéagineux " auprès de la Commission européenne *
(Avis élaboré à la suite de la réunion du groupe du 7 décembre 2007 et diffusé à la suite de celle du 28 mars 2008)

Le groupe consultatif "Céréales, Oléagineux et protéagineux" s'est réuni le 7 décembre 2007.

Un des sujets de préoccupation était le prix des aliments pour animaux et ses effets sur le secteur de l'élevage dans le cadre de la situation de marché actuelle caractérisée par une grande volatilité des prix.

Bien que des mesures aient déjà été prises au niveau du Conseil (fixation du taux de gel à 0% pour la campagne de commercialisation 2008, suspension des droits à l'importation pour les céréales jusqu'au 30 juin 2008) et du Comité de gestion (stockage privé et réintroduction des restitutions à l'exportation pour la viande de porc), le groupe estime que cette question mérite une plus grande attention. En effet, l'avenir de nombreux éleveurs est menacé. Une forte baisse de la production européenne de viande aurait des conséquences catastrophiques pour le secteur européen des cultures arables, étant donné que presque 2/3 de la production européenne de céréales sont destinés à l'alimentation animale.

Un autre facteur important pour le secteur européen de l'élevage est la disponibilité de protéines. A ce propos, le groupe a pris note de l'étude de la DG AGRI concernant l'impact économique des OGM non autorisés sur les importations d'aliments pour animaux et les productions animales. Différents scénarios ont été présentés, mais ils influent tous considérablement sur la compétitivité du secteur de l'élevage de l'UE.

En conséquence, le groupe souhaite porter à l'attention de la Commission les faits suivants et insiste pour qu'elle prenne les mesures appropriées :

- La hausse du prix des aliments pour animaux est liée à une baisse de la disponibilité de matières premières végétales à l'échelle mondiale et en particulier dans l'UE.

- La production européenne de protéagineux est bien trop faible pour satisfaire les besoins du secteur de l'élevage. Actuellement, l'UE importe quelque 24 millions de tonnes de farines de soja en provenance principalement du Brésil et d'Argentine, et près de 15 millions de tonnes de soja en provenance principalement du Brésil. Ces importations représentent près de 70% des besoins de l'UE en aliments protéiques pour animaux.

- Dès lors, l'UE doit assurer ses importations afin d'éviter une détérioration de la situation actuelle. Or, les pays exportateurs pratiquent des cultures OGM qui ne sont toujours pas autorisées en Europe et dont des traces sont trouvées dans les importations européennes non seulement d'aliments pour animaux "GM" mais aussi d'aliments pour animaux "non-GM". La "tolérance zéro" n'est pas applicable en pratique. La politique de "tolérance zéro" appliquée par l'UE à ces traces a déjà conduit à des interdictions de facto. La situation risque d'empirer étant donné que de plus en plus de pays cultivent des OGM à l'échelle mondiale, indépendamment du processus d'approbation de l'UE.

- L'UE ne pourra gérer durablement ces questions d'une façon différente du reste du monde. En effet, cette situation pourrait conduire au remplacement des productions animales de l'UE par des importations importantes de viandes issues d'animaux ayant consommé des aliments OGM non contrôlables aux frontières. De plus, si les produits céréaliers et oléagineux de l'UE sont durablement traités avec des normes différentes de celles imposées aux importations, la compétitivité des producteurs de céréales/oléagineux sera remise en cause, forçant les producteurs à cesser leurs activités.



* Le groupe consultatif " Céréales, oléagineux et protéagineux " auprès de la Commission européenne est composé de tous les représentants des filières concernées (représentants des producteurs, des coopératives, du commerce, des industries de la première et de la seconde transformation), ainsi que des représentants des consommateurs et des associations environnementales. Il se réunit au moins une fois par trimestre avec des représentants de la Direction Générale de l'Agriculture et, éventuellement, d'autres Directions de la Commission européenne.

                                                                                                    [AGPB - 10/04/08]

 

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