

| Economie céréalière Allocutions
de Philippe PINTA, président d'ORAMA, de l'AGPB, et de Christophe TERRAIN,
président de l'AGPM, à la manifestation du 20 septembre 2006 à
Pau pour la défense des moyens de production et de l'innovation en agriculture
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1) Philippe PINTA
Chers
amis,
ORAMA s'est immédiatement associé
à ce rassemblement à l'origine duquel vous vous trouvez. Vous,
producteurs de maïs, irrigants, vous êtes actuellement les boucs émissaires
des attaques contre le fait de produire. Que l'on ne s'y trompe pas, si
les maïsiculteurs et les irrigants ne sont pas entendus, si leurs demandes
ne sont pas prises en compte, c'est demain matin le reste de la production agricole
qui sera mis à mal. Nous sommes tous solidaires. C'est pourquoi toutes
les grandes cultures, à travers ORAMA, et la FNSEA, sont présentes
à vos côtés aujourd'hui pour défendre notre avenir,
c'est-à-dire le droit de pouvoir continuer à produire. Il
ne va plus de soi, aux yeux d'un certain nombre de nos concitoyens, de nos élus,
de nos instances administratives, que nos exploitations puissent disposer de tous
les moyens pour produire. Il ne va plus de soi que nous puissions accéder
aux innovations dont nous avons besoin pour nous permettre de demeurer concurrentiels,
de produire davantage et mieux en phase avec ce que demandent les marchés,
de produire davantage et mieux en phase avec ce que demandent nos concitoyens
en matière d'environnement. L'irrigation serait devenue un mal, les
produits phytosanitaires un fléau et la culture des OGM, expérimentale
ou commerciale, une pratique apocalyptique. Non, nous ne pouvons accepter
d'être ainsi diabolisés. Nous sommes des êtres responsables,
sages et porteurs de leur avenir et nous entendons le rester. Qu'en est-il
réellement ? Avons-nous accru de manière inconsidérée
les surfaces irriguées ? Pas du tout. Elles sont stables depuis 1992. Aurions-nous
épuisé toutes les possibilités de stockage d'eaux pluviales
dans notre pays ? Evidemment pas. Aurions-nous enfreint, avec les sociétés
semencières, la réglementation des essais d'OGM ? Non. Les champs
de maïs OGM cultivés commercialement le seraient-ils en variétés
non autorisées ? Non. Des produits phytos utilisés ailleurs
depuis 2 à 3 ans se sont-ils avérés si douteux qu'ils tardent
tant à être homologués en France ? Là encore, non. Aurions-nous
utilisé si maladroitement, si inconsciemment, certain produits homologués
qu'il faille en réduire l'utilisation de 50 %, ce que préconise
le récent Plan interministériel sur les pesticides? Non. L'Institut
Français de l'Environnement sait-il faire la part entre les origines agricoles
et non agricoles des phytos qu'il traque dans les cours d'eau ? Pas du tout. Les
abeilles meurent-elles moins en France depuis la suspension du Régent et
du Gaucho ? Il n'en est rien, les dernières études le confirment. Est-il
démontré, par des études scientifiques répétées
et convergentes, que l'utilisation des produits phytosanitaires soit source de
maladies pour la population ? Toujours non. Que se passe-t-il donc ? Nous
le savons, au-delà de préoccupations environnementales et sanitaires
légitimes, il s'est développé en France des peurs et craintes
excessives et infondées. Produire en agriculture, comme d'ailleurs
dans de nombreuses branches économiques, est une source permanente de soupçons
… Nos concitoyens sont devenus de plus en plus ignorants de ce que sont
les contraintes de toute production, de ce que suppose l'abondance au moindre
coût. Alors, bien sûr, tout cela est sujet à exploitation
et donne prise à la démagogie, à l'intox, au terrorisme intellectuel.
C'est un vrai bain de jouvence, un vrai fonds de commerce pour les spécialistes
de l'agitprop des années 68 en mal de clientèle. Le problème
est que dans cette ambiance, le Gouvernement se montre aussi faible dans ses actes
qu'il se veut clairvoyant dans ses discours. Il dégaine trop systématiquement
et trop vite le principe de précaution. Il a poussé l'erreur à
le rendre constitutionnel !! Il écoute avec trop de complaisance
un Institut National de la Recherche Agronomique qui a viré peu à
peu au politiquement correct sur les phytos. Nous avons de l'estime et des attentes
vis-à-vis des chercheurs. Nous avons besoin d'eux. Mais de grâce,
qu'ils sachent rester sourds aux sirènes politiques. Le Gouvernement,
enfin, demande à ses gendarmes de photographier les faucheurs plutôt
que d'empêcher leurs méfaits. Il empêche les paysans de défendre
leurs propres parcelles contre des ultra extrémistes, des ultras minoritaires,
des bobos, des gogos, des hors la loi qui n'ont aucun respect de la terre nourricière
et du travail des hommes. Est-ce en se montrant si laxiste que le Gouvernement
compte concrétiser les ambitions qu'il s'est s'assignées en faisant
voter sa récente loi d'orientation agricole ?
Les résultats
sont contraires aux discours. Chez nous aujourd'hui, Biogemma a décidé
d'arrêter ses essais sur le territoire national. Et la plupart des sociétés
d'agrochimie se demandent si elles doivent continuer à s'investir sur le
marché français. Nos autorités doivent bien réfléchir.
Si elles continuent ainsi, elles n'auront que l'agriculture et l'agro-industrie
qu'elles mériteront et non celles dont notre pays est capable.
Nos
concurrents syndicaux pourront alors méditer sur ce qu'est la responsabilité
de représentant professionnel. Ils auront, en effet, été
largement complices de cette évolution. Ils l'auront été
en s'appliquant à torpiller l'innovation et à dénigrer le
travail en filières, maillons essentiels dans cette chaîne de l'efficacité. Ils
l'auront été en faisant croire en un avenir agricole fondé
sur un repli, sur de l'utopie, sur de la destruction. Cette vérité
là, chers amis, expliquons-la dans la perspective des prochaines élections
aux chambres d'agriculture. Montrons bien où sont les enjeux et ce que
couvrent les discours de nos concurrents. Défendons haut et fort
ce à quoi nous croyons :
Une agriculture d'avenir,
Une agriculture innovante
Une agriculture de production respectueuse de l'environnement
Une
agriculture qui se préoccupe de la santé des consommateurs, des
agriculteurs, de la santé de ses plantes
Une agriculture qui nourrit les hommes, qui produit de l'énergie,
qui occupe le territoire et qui crée des emplois. C'est cette agriculture
là que nous voulons C'est cette agriculture là que nous défendons
aujourd'hui. Je vous remercie.
2)
Christophe TERRAIN
Bonjour à tous, Notre métier
est-il menacé ? Oui, il risque de l'être et pour mieux le
dire, je prendrai trois exemples qui intéressent de près la maïsiculture.
LE 1ER, EN MATIERE DE PROTECTION PHYTOSANITAIRE : Nous
sommes aujourd'hui confrontés à de véritables impasses techniques.
POURQUOI
? Du fait de l'interdiction de différents produits, de la suspension
des TS et d'une politique d'homologation française aberrante qui conduit
à l'immobilisme. Agronomiquement, nous sommes au bord du naufrage.
MON 2EME EXEMPLE CONCERNE LES NOUVELLES TECHNOLOGIES ET LE GENETIQUEMENT
MODIFIE.
Ayons le courage de défendre ensemble ce qui n'est qu'un
nouvel outil, mais qui peut permettre de répondre à des questions
techniques, économiques, environnementales et même sanitaires ; je
pense notamment au dossier des mycotoxines ou du Diabrotica. Pendant ce temps-là,
et alors que la croissance en matière d'OGM est à 2 chiffres dans
les grands pays agricoles, la France commence tout juste à débattre
d'un projet de loi qui, par absence de courage politique, risque à nouveau
d'être reporté après quoi ? … après les élections.
UN 3EME ET DERNIER EXEMPLE, EN MATIERE D'IRRIGATION ET D'USAGE DE
L'EAU : Il faut cesser de diaboliser ou de traiter les irrigants comme des
délinquants. L'eau est un moyen de production utilisé à
bon escient par les producteurs. Elle est nécessaire à l'économie
de nombreuses productions et régions.
D'accord, pour une gestion
responsable de l'eau. Mais la vraie question, ce n'est pas le manque de ressource
en eau, c'est son stockage. Là aussi, ne nous pénalisons pas
davantage. Je pense à l'Espagne, à quelques dizaines de kilomètres
d'ici : l'Espagne bâtit des barrages, installe des réserves en eau,
et nous, nous posons des compteurs.
PRODUITS PHYTOSANITAIRES, OGM,
GESTION DE L'EAU… ET QUOI ENCORE DEMAIN ? LES ENGRAIS ? L'USAGE DE NOS MATERIELS
?... CULTIVER DU MAÏS ?
Trop, c'est trop. Nous devons tirer la
sonnette d'alarme pour que nous nous mobilisions pour la défense de notre
métier. Mais nous avons aussi un combat beaucoup plus large à conduire. Pourquoi
je dis cela ? Parce que le radicalisme de certains mouvements environnementaux
et autres groupuscules se traduit par une hostilité à tout progrès
dans le domaine agricole. Mais attention ! Ce n'est pas moins de produits phytosanitaires,
moins d'OGM demain, moins d'homologations ou moins d'autre chose qu'ils veulent. NON,
ce qu'ils veulent, c'est tuer notre agriculture et son développement. Mais
plus grave encore, ce radicalisme trouve des soutiens dans certains médias
et milieux politiques, voire auprès de scientifiques en mal de reconnaissance. OUI,
c'est bien l'agriculture économique que nous représentons qui est
attaquée. OR, C'EST PAR L'INNOVATION, PAR LA GENETIQUE ET PAR LE PROGRES
TECHNIQUE QUE NOUS POURRONS REPONDRE AUX QUESTIONS ET AUX ENJEUX QUI SE POSENT
A NOUS. ALORS, REVENONS AUX FONDAMENTAUX :
Ne laissons pas les autres nous expliquer ce que doit être l'agriculture
demain ;
Ne
laissons pas le terrain libre à l'idéologie et au radicalisme ;
Soyons sur le devant de la scène pour réhabiliter l'acte
de production.
Soyons ensemble pour le dire haut et fort comme aujourd'hui. Nos
adhérents, nous tous, sommes fatigués d'être remis en cause
dans notre métier. Ce que nous demandons : - c'est du courage politique, -
c'est le respect du droit et de notre travail, - et c'est la farouche envie
de pouvoir exercer le métier d'agriculteur à égalité
de chance avec les autres agriculteurs d'Europe et d'ailleurs. Ni plus /
ni moins. Merci à tous.
[AGPB
- 21/09/06]
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