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Economie céréalière
Pour un transport des céréales plus compétitif et plus écologique |
Observations : Ce document constitue
la fiche 5 du dossier "Permettre à notre céréaliculture
de jouer ses atouts", élaboré par l'AGPB à l'intention
des partis politiques et candidats aux élections de 2002. Vous
pouvez accéder à l'ensemble du dossier en cliquant
ICI.
La compétitivité des céréales françaises
sur les marchés est largement également dépendante
du coût des transports et ce, de manière
accrue depuis que les réformes de la PAC de
1992 et 1999 (" Agenda 2000 ") ont
fait baisser les prix des céréales.
Avant 1992, les 50 F/tonne (7,5 euro) nécessaires
pour amener une céréale de Chartres en
Bretagne représentait 4% du prix rendu à
destination. Aujourd'hui, ce coût s'élève à
12 euro/t et représente 12% du prix rendu. Sur
des destinations plus lointaines comme l'Italie,
le coût est supérieur à 30 euro/t et la
proportion atteint 20% et plus.
Les prix " rendu " sont donc devenus
très sensibles à la performance des
transports. Sur ce plan, la France possède théoriquement
l'avantage sur les autres grands pays
producteurs de n'avoir que des distances assez
courtes entre les lieux de production et les
zones de consommation ou d'embarquement pour les
pays tiers, même lorsqu'elle exporte vers
l'Italie ou sur le reste du marché européen.
Mais la situation actuelle de nos transports
dessert la production française. Sur les
moyennes et longues distances, c'est-à-dire
au-delà de 250 km, la dégradation est
constante depuis un certain nombre d' années.
Alors que le train et la voie fluviale sont en
principe les mieux adaptés sur ces distances,
ils n'ont cessé dans notre pays cessé de
perdre des parts de marché au profit du camion
(voir tableau ci-dessous).
Répartition du transport des céréales en France
par modes de transport
| |
1997 |
2001 |
| Route |
56% |
65% |
| Fer |
25% |
20% |
| Voie fluviale |
19% |
15% |
| D'après sources diverses |
Régulièrement, les coopératives et négociants
en grains doivent faire face à des
disfonctionnements de la SNCF qui se traduisent
par de nombreuses annulations et retards. Il en
résulte l'obligation pour eux de trouver des
solutions de rechange en catastrophe auprès des
transporteurs routiers. D'où des coûts supplémentaires,
y compris en personnel, et de fortes pénalités
lorsque des navires doivent rester en attente de
chargement. Il arrive également que des
acheteurs se rétractent.
Jusqu'à un effort de modernisation assez récent,
la voie fluviale a principalement reculé quant
à elle à cause d'un manque d'entretien du réseau
par les Pouvoirs publics.
A - Pour un transport ferroviaire des céréales
performant
Un accord-cadre a été signé le 24 avril 2001
entre l'Office National Interprofessionnel des Céréales
(ONIC) et la SNCF, comportant de la part de
chaque partie un certain nombre d'engagements :
amélioration de l'information donnée par les
opérateurs céréaliers sur leurs sorties de
grains ; mise en œuvre de mécanismes de
fiabilité ; renouvellement du parc des wagons ;
mise en service de locomotives spécialisées
dans le transport des pondéreux et évolution
des infrastructures.
Prêts à faire face à leurs engagements, les
opérateurs céréaliers demandent que la SNCF
soit en position de concrétiser au plus vite
les siens. Ils souhaitent que les déclarations
de Pouvoirs publics sur la priorité à donner
au fret ferroviaire soient suivies d'effet.
B - Pour accélérer le renouveau du trafic
fluvial céréalier
Quand bien même la voie d'eau n'est pas
accessible géographiquement à tous les opérateurs
céréaliers et souffre naturellement de
certaines contraintes logistiques (déchargement),
la situation actuelle est encore largement améliorable.
Un Livre blanc a été publié par l'ONIC en ce
sens et un accord cadre est en préparation avec
Voies Navigables de France. Le Livre blanc préconise
pour des axes déterminants l'amélioration de
l'entretien des canaux, l'accroissement de leur
profondeur, leur équipement éventuel en moyens
de guidage de nuit et l'automatisation des écluses.
Il demande par ailleurs une anticipation de la réalisation
de la liaison Seine/Nord -liaison entre bassins
à grand gabarit- seulement prévue actuellement
pour 2020.
D'autres réflexions et propositions portent sur
l'implantation et la rénovation des
embranchements fluviaux ainsi que sur la
modernisation de la flotte, l'augmentation de
ses capacités et l'organisation des
professionnels de la batterie.
Le rôle des Pouvoirs publics dans la mise en œuvre
des préconisations de ce Livre blanc est
essentiel. La voie d'eau est un mode de
transport particulièrement écologique, qui mérite
d'autant plus que la collectivité y investisse.
Favoriser un regain du train et de la voie d'eau
en prenant ces mesures et d'autres encore
(ouverture plus facile de lignes ferroviaires gérées
privativement, développement d'infrastructures
portuaires publiques…), ce serait également
traiter des préoccupations d'intérêt général
en termes d'environnement et de sécurité. Le
transport des pondéreux par la route est en
effet coûteux, anti-écologique et
potentiellement dangereux. Au-delà des céréales,
enfin, d'autres grands secteurs sont concernés
et c'est un problème économique d'ensemble que
soulève cette importante question
[AGPB - 18 mars 2002]
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