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| Biocarburants et sécurité
alimentaire - Eléments pour la Conférence de presse de la FNSEA
du 17 avril 2008
| Sécurité
alimentaire : les biocarburants européens sont irréprochables
Le
développement des biocarburants se voit aujourd'hui accusé de provoquer
un renchérissement insupportable des denrées de base dans les pays
pauvres et, à plus long terme, de conduire à la pénurie alimentaire.
Ce
type d'accusation n'est pas justifié en ce qui concerne l'Union européenne.
Contrairement aux autres principaux pays producteurs de bioéthanol (Brésil,
Etats-Unis) et de biodiesel ou bases pour biodiesel (Indonésie et Malaisie,
notamment), l'Europe se soucie en effet de manière évidente que
sa production de biocarburants ne vienne pas faire concurrence à d'autres
utilisations de ses matières premières agricoles, y compris dans
les pays qui les importent. Il est opportun de rappeler quelles sont les
évaluations qu'a faites la Commission européenne de l'objectif de
10% de biocarburants en Europe en 2020, retenu dans le projet de directive européenne
sur les Energies renouvelables. Selon la Commission, il faudra 15% des terres
arables de l'UE à 27 pour atteindre cet objectif, dans un contexte où
des superficies auront été remises en culture (jachères,
terres en déshérence en Europe de l'Est), où la progression
générale des rendements assurera par ailleurs une production supplémentaire
pour les autres usages, où l'utilisation des co-produits des biocarburants
(drêches, tourteaux) rendra moins importantes les ponctions sur les récoltes
européennes et les importations de protéines végétales
pour nourrir les animaux. En outre, ajoute la Commission, les prix des céréales
et du colza devraient augmenter de 3 à 6% pour les premières et
de 8 à 10% pour les secondes, ce qu'elle qualifie d'économiquement
gérable. L'Union européenne donne par son comportement un
bon exemple de réalisme. Sur le fond, le problème de la satisfaction
des besoins alimentaires dans le monde n'est pas la concurrence d'usage que pourraient
lui faire les transformations à des fins non-alimentaires. Il est de
parvenir à exploiter les réserves de production agricole dont dispose
la planète, qui sont abondantes et suffisantes pour faire face à
tous les types de besoins. De nombreuses voix se sont à nouveaux
exprimées récemment pour appeler à la mise en places des
moyens qui permettront d'exploiter ce potentiel. Au-delà des 1 500
millions d'hectares travaillés aujourd'hui par les agriculteurs, l'Organisation
des Nations-Unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) estime que 1 200
M ha supplémentaires sont mobilisables hors zones forestières et
protégées, principalement en Amérique du Sud, en Afrique
subsaharienne et en moindre proportion, dans l'ensemble Russie-Ukraine-Kazakhstan.
En outre, il existe dans de nombreux endroits d'importantes marges de progression
des rendements et de l'intensité culturale (moindre fréquence des
jachères, par exemple). Toutefois, exploiter ce potentiel passe souvent
par des actions préalables sur le cadre juridique, économique et
financier de l'agriculture, sur les infrastructures de transport sur lesquelles
elle peut compter, sur les réseaux de formation et de conseil qui épaulent
les exploitants. D'où la nécessité de veiller à ce
que les rythmes de développement des biocarburants et de la production
agricole restent cohérents. Il faut insister également sur
une autre condition majeure de la mobilisation des réserves de production
agricole de la planète : il est indispensable que les agriculteurs puissent
rémunérer leurs facteurs de production. Le débat sur les
niveaux des prix des céréales et des oléagineux doit donc
être remis à sa juste place. Les prix, pour une grande partie sous
l'effet de phénomènes spéculatifs, ont certes atteint cette
année des niveaux qui n'ont plus à voir avec l'économie de
la production. Mais, il faut en être conscient, jamais depuis longtemps
ils n'avaient été supérieurs aux coûts de production
de la plupart des agriculteurs. Durant des années, les prix sur le
marché mondial ont été artificiellement bas, sous l'effet
des aides versées à leurs exploitants par les Etats-Unis, puis aussi,
après 1992, par une Europe obligée de les suivre. Dans pareille
situation, les producteurs des autres pays, auxquels leur Gouvernements n'avaient
pas les moyens de verser des aides, n'ont pu exploiter leurs marges de progression.
Tant qu'elle durera, l'amélioration du niveau des prix leur en donnera
la possibilité, tout en imposant d'aider d'autant plus, bien sûr,
les pays qui n'ont ni les aptitudes, ni les moyens de s'approvisionner en quantités
suffisantes. Mieux vaut un tel schéma que celui, malheureusement institutionnalisé
par l'OMC, dans lequel les aides des payas riches à leurs agriculteurs
permettent certes des exportations à bas prix, mais empêchent l'agriculture
vivrière de se développer dans de nombreux pays. Mais une
amélioration durable du niveau des prix passe aussi par une régulation
des marchés -à base d'orientation des productions, de dispositifs
douaniers et d'instruments de stockage public- dont une autre vertu est d'approvisionner
à coût raisonnable les consommateurs partout dans le monde quand
les cultures ne peuvent fructifier suffisamment. La situation à laquelle
le monde en est arrivé aujourd'hui impose à l'évidence de
suivre ces options, à l'inverse de ce que s'obstinent à prôner
l'OMC dans le cadre du cycle de Doha et la Commission européenne à
l'occasion du Bilan de Santé de la PAC.
Annexes
Annexe
1
Parts des productions de grains des Etats-Unis
et d el'UE affectées aux biocarburants
1)
Etats-Unis (Source USD, février 2008) | | Production
de maïs(1) | Utilisation pour
bioéthanol(2) | (2)/(1) | | 2007/2008 | 332 | 81 | 24,4% | | 2008/2009 | 325 | 104 | 32% |
2)
UE (Source DGAGRI, mars 2008) | | Production
de céréales et oléagineux (1) | Utilisation
pour biocarburants(2) | (2)/(1) | | 2007/2008 | 280 | 11,1 | 4
% | | 2008/2009 | 318 | 17,2 | 5,4% | | 2014/2015(prév.) | 339 | 36,2 | 10,7
% |
Annexe
2
Fonds placés sur les supports Céréales
et Oléagineux, toutes places financières Etats-Unis Indice à
274,82 au 30/03/07 Indice à 466,12 au 31/03/08 soit une progression
de 69%

Fonds
placés sur les supports Energie, toutes places financières Etats-Unis Indice
à 673,41 au 30/03/07 Indice à 961,91 au 31/03/08 soit une
progressioin de 43%
Annexe
3

[
ORAMA - 29/04/08 ]
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