Note de présentation générale
 
Table ronde "Mise en place de la réforme de la PAC"
Conférence-débat
"Innovation et avenir des céréaliers "


Conférence de presse
Présentation du 80ème Congrès de l'AGPB
Clermont-Ferrand - 2 et 3 juin 2004



L'année céréalière qui se termine a été marquée par de nombreux évènements : chute des récoltes, hausse des prix, débats sur l'application de la nouvelle PAC, élargissement de l'U.E, avatars des négociations internationales, progression des négociations UE/Mercosur, évolution du dossier OGM, remises en cause à répétition des produits phytosanitaires.

Le Congrès de l'AGPB analysera tous ces évènements en débattant des lignes de conduite qu'ils peuvent inspirer.


L'évolution des besoins mondiaux, source d'espoir

1) La synthèse que propose le rapport d'orientation rappelle en premier lieu quelle conjonction particulière de facteurs climatiques et économiques a provoqué la situation de marché connue cette année en Europe. Cette conjonction a été telle qu'aucune volonté à Bruxelles n'a pu se manifester pour endiguer la hausse des prix. Mais l'on peut comprendre du même coup qu'en sens inverse, une volonté de maintenir à bas niveau la production européenne ne saurait garantir à elle seule des prix durablement élevés. Cette volonté serait assez vite contrariée par la réapparition de produits de substitution à bas prix. Les producteurs devraient alors endurer une diminution de leurs prix en plus de la baisse de leurs volumes de récolte.

Ce n'est donc pas dans cette voie que les céréaliers trouveront un avenir satisfaisant, mais plutôt dans un accroissement de débouchés qui leur permettra de vendre à des prix supérieurs au prix d'intervention et, en même temps, compétitifs par rapport à ceux de produits concurrents.

2) Les évolutions des divers besoins en céréales exprimés dans le monde peuvent donner cet espoir aux producteurs.

a) Nous sommes entrés dans une époque où, pour la première fois, l'augmentation de la demande mondiale de céréales sera davantage provoquée par l'alimentation animale que par l'alimentation humaine, compte tenu de la progression de la demande de viande de porc et de volaille dans les pays émergents et en développement. Or la consommation de ce type de viande est un véritable multiplicateur des besoins en céréales et les pays où elle progresse le plus n'ont pas toujours le potentiel de production céréalière pour répondre de manière autonome à tous les besoins qu'elle entraîne.

b) Les bioproduits sont par ailleurs sur un courant de plus en plus porteur. C'est vrai notamment pour le bioéthanol, produit et utilisé dans le monde dans un nombre croissant de pays.

L'UE elle-même, avec les objectifs d'incorporation qu'elle s'est donnés pour 2010 devra passer d'une production de 4 Mhl d'éthanol carburant actuellement à 150 Mhl. Il faudra transformer à cet effet 28,8 Mt de céréales (soit la production de 3,44 Mha).

C'est à ce titre que les céréaliers français proposent de s'engager dans un programme de construction d'unités de production aux côtés des industriels et des organismes de collecte. Ils demandent à l'Etat d'y consacrer de nouvelles enveloppes de défiscalisation, avec dégressivité dans le temps de l'exonération de TIPP. Le coût des enveloppes demandées à l'Etat doit être apprécié en tenant compte des prélèvements obligatoires et des externalités (réduction des coûts de pollution, de chômage, de stockage public de céréales) que peut générer à son profit le développement de la filière de production du bioéthanol. Soit 60 % actuellement et, à terme, près de 85 % du montant des exonérations, selon le Cabinet d'études spécialisé Price Waterhouse Cooper.

3) Si l'on rapproche toutes ces perspectives des projections de la Commission européenne pour la production et de consommation de céréales dans l'UE à 25 en 2010/11, il apparaît que cette dernière a incontestablement la possibilité de gérer de manière dynamique sa production de céréales.

Dans ses projections, la Commission retient notamment comme hypothèses une jachère obligatoire à 10 % et, faute d'indications sur la politique des carburants des Etats-membres, une faible progression de la production de bioéthanol. Sur ces bases, estime la Commission, l'UE produirait en 2010/11 26,3 Mt de plus de céréales qu'elle n'en utiliserait en interne, cet écart n'étant que de 5,5 Mt supérieur à celui de 2002/03.

D'un côté, donc, 5,5 Mt de plus à écouler à hypothèse de production de bioéthanol quasi-constante et, de l'autre, l'opportunité de vendre plus sur le marché mondial et de transformer 28,8 Mt de céréales en bioéthanol : l'UE dispose à l'évidence de marges pour laisser parler son potentiel de production, y compris en réduisant sa jachère obligatoire.

Pour les producteurs et pour le secteur céréalier européen, il s'agit là d'un contexte qui permet d'espérer. Chacun doit toutefois se maintenir dans le meilleur état de compétitivité possible. Le risque de concurrence semi-permanente de concurrence de céréales de Mer Noire au Sud de la Méditerranée ne peut par exemple être négligé.

De graves ambiguïtés en Europe face à la production

La concrétisation des marges dont il vient d'être fait état est en réalité largement tributaire de l'attitude de l'UE et des Etats-membres. Les négociations en cours à l'OMC et avec le Mercosur seront déterminantes à cet égard. De manière plus générale, beaucoup dépend de la considération dans laquelle l'Europe tient sa production agricole..

a) Les céréaliers français sont évidemment en désaccord avec l'évolution des positions de la Commission européenne sur les restitutions dans le cadre des négociations de l'OMC. D'abord, les Commissaires ne mentionnent pas l'élimination des aides américaines de marketing loan parmi les contreparties exigées pour la disparition des restitutions. Or ces aides, qui compensent automatiquement les pertes que font les " farmers " en vendant coûte que coûte, sont un facteur redoutable de distorsion de concurrence. Le mandat donné à la Commission le 27 janvier 2003 par le Conseil des ministres (Affaires générales de l'UE était pourtant clair sur le sujet. Les Commissaires affirment par ailleurs que l'Union Européenne serait prête à aller de l'avant sur les soutiens à l'exportation si un résultat acceptable émergeait quant aux soutiens internes et à l'accès au marché. Cela relativise encore plus les exigences émises par les Commissaires vis-à-vis des aides à l'exportation pratiquées par la concurrence. Au-delà enfin, la question se pose de savoir comment, sans restitutions, l'UE pourrait faire face sur le marché mondial des céréales à une concurrence favorisée par les taux de change ou par des conditions de production relevant d'un dumping social intense.

b) Tout en restant inadmissibles, les hésitations politiques de l'UE à exporter des céréales seraient moins dommageables si tout était entrepris par ailleurs pour privilégier et développer le marché intérieur européen.

A ce sujet, il est difficile, faute d'informations précises, de se prononcer sur l'évolution des positions de l'UE à l'OMC en matière d'accès. En revanche, il est évident que les concessions qu'elle envisage sur le bioéthanol en faveur du Mercosur sont extrêmement dangereuses.

Il est faux de dire qu'accorder 12 Mhl d'importation d'éthanol à droit réduit à ces pays ne causerait pas de tort à la production européenne. Telles qu'imaginées à Bruxelles, ces concessions, si elles se concrétisent, empêcheront la production d'éthanol à grande échelle -donc à prix compétitif- dans l'UE. Compte tenu de la faiblesse de leur prix de revient -et éventuellement de leur capacité à vendre à prix cassé- les producteurs d'éthanol brésiliens seront en mesure de conquérir l'intégralité du marché européen. Les quelques unités de production construites depuis 3 ans ou en cours de construction dans l'UE ne résisteront pas. Et quel industriel européen croira qu'il pourra investir sans risque une fois le contingent d'importation épuisé ? Mieux vaudra investir au Brésil pour profiter des nouveaux contingents qui seront alors immanquablement accordés au Mercosur.

La nécessité d'un syndicalisme plus efficace

Cette aptitude qu'a montré l'UE depuis quelques années à ouvrir les frontières d'une manière radicale, à bouleverser sans préavis l'économie des exploitations et des filières, donne fortement l'impression d'un manque d'intérêt de l'Europe pour sa production. Celle-ci, semble-t-il, en vient à être considérée comme embarrassante, secondaire, suspecte, inutile.

On pourrait encore évoquer à cet égard le taux fixe de 10 % de jachère obligatoire et diverses mesures à caractère environnemental ou sanitaire dont les fondements échappent à toute approche scientifique ou réaliste.

Cette évolution de l'UE vis à vis de son agriculture engendre des contraintes qui deviennent insupportables pour les exploitants. Le syndicalisme agricole a là un défi majeur à relever. Ainsi est-il amené à s'interroger sur la manière dont il conduit son action, sur les possibilités qu'il a d'être plus performant, plus compétitif.

Nous appelons en ce sens à une utilisation plus efficace des moyens dont il dispose.

Il faut que les ressources du syndicalisme soient allouées au mieux aux tâches qu'il a à accomplir. Aussi faut-il davantage de synergie entre organisations.

Un syndicalisme agricole compétitif, c'est également des syndicats nationaux travaillant davantage en réseau à l'échelle européenne, de façon à davantage influer sur les instances européennes.

La compétitivité du syndicalisme agricole dépendra encore de sa capacité à prendre toute la mesure de ce qu'implique la nécessité de relever le défi de l'opinion : définition d'une stratégie de communication la plus partagée possible entre les organisations ; mise en place -par toute la profession, par les filières- de ressources qui soient à la hauteur du déficit d'image à combler.


Renforcer l'aptitude à performance des exploitations et des filières

De tous ces progrès du syndicalisme dépendent non seulement les décisions qui, à l'échelle internationale et européenne, orientent l'agriculture européenne, mais également celles qui sont susceptibles de renforcer l'aptitude à la performance des exploitations et des filières.

En ce domaine, l'AGPB :

entend poursuivre ses efforts en faveur du regroupement des exploitants et notamment de l'assolement en commun , formule dont la loi relative au développement des territoires ruraux devrait faciliter l'emploi.

demande à ce que l'on fasse prévaloir l'économie de l'entreprise dans l'application de la nouvelle PAC.

Les décisions prises à l²'issue du CSO du 18 mai vont dans ce sens en ce qui concerne les attributions initiales de droits à paiement, mais elles vont en sens inverse en taxant inutilement et à l'excès les transmissions des droits à paiement. Par ailleurs, la mise en œuvre de la conditionnalité des aides et des contrôles prévus à ce propos s'annonce pleine de périls, comme le montre la position du Gouvernement français en ce qui concerne les bandes enherbées. Il y a un fort besoin de garanties en la matière.

propose, dans un Livre blanc rédigé avec l'AGPM et la FOP, d'adapter les prélèvements fiscaux et sociaux opérés sur les exploitations en les rendant plus équilibrés et plus cohérents avec l'économie des exploitations ( voir synthèse en annexe au rapport d'orientation)

souhaite avec elles dans ce même Livre blanc la création d'une Caisse pour aléas, en remplacement de la Dotation pour aléas (DPA), et d'une assurance risques climatiques,

-insiste pour que les exploitations puissent capter facilement le progrès scientifique et technique. Nous voulons parler ainsi des biotechnologies, du traitement des semences et de la nécessité d'accéder facilement aux outils les plus modernes d'aide à la décision et transmission de données.

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Telles sont, en un survol rapide, les questions abordées dans notre rapport.

Ce rapport, nous l'avons titré " Découplés, mais déterminés ".

Les instances européennes nous avaient affirmé qu'avec le découplage, nous pourrions optimiser nos recettes sur les marchés en bénéficiant d'une garantie de versements de paiement. Or, les perspectives intéressantes que laisse entrevoir l'évolution des besoins en céréales pourraient bien se transformer en mirages si l'U.E. prend de mauvais engagements à l'international et contraint de plus en plus sa production en interne.

Plus globalement, le risque existe que les autorités publiques s'estiment quitte vis-à-vis des exploitants en leur versant ces paiements découplés et soient d'autant plus enclines à se désintéresser par commodité de la production agricole. Pour parer ce risque, les producteurs doivent se montrer déterminés à se donner les meilleurs atouts sur le plan syndical.




Table Ronde " Mise en place de la réforme de la PAC
chez nos voisins européens - Application et conséquences
des accords de Luxembourg "

Introduction et présentation des travaux

M. Jean-Pierre LANGLOIS - BERTHELOT,Président de séance, membre du Bureau de l'AGPB

a. pourquoi une table ronde sur la réforme ?

b. présentation des intervenants

M. Juan SALA, Directeur de la Confédération des Coopératives agricoles d'Espagne -
SARAGOSSE,

M. Peter KENDALL, Vice Président du National Farmer's Union (NFU) - LONDRES,

M. Norbert SCHINDLER, Président du Deutscher Bauernverband (DBV) pour le Rheinlandpfalz - BERLIN,

M. Franz-Joseph FEITER, Secrétaire Général du COPA - COGECA - BRUXELLES.


Modalités d'application des accords de Luxembourg

a. date, recouplage

b. régionalisation

c. enveloppe nationale (article 69)


Conséquences pratiques sur les exploitations céréalières

a. attribution des droits historiques

b. modalités de mise en œuvre de la réserve nationale

c. les prélèvements

d. la conditionnalité

Conséquences économiques sur les résultats des exploitations agricoles

Résultats des simulations réalisées par ARVALIS-Institut du Végétal

Prospective

a. changement d'organisation des exploitations, dimension des fermes, évolution des productions sur les exploitations

b. évolution de la production agricole




Conférence-Débat " Innovation et avenir des céréaliers "

 

1 - Présentation des travaux

M. Chritoph BÜREN, Président de séance, membre du Bureau de l'AGPB

2 - L' innovation : qu'est-ce que c'est ? :

a. comment naît une innovation ? Comment se construit-elle ?
b. quelques exemples illustratifs…

M. Michel CALLON, Chercheur au Centre de Sociologie de l'Innovation - Ecole des Mines de Paris

3 - L'innovation et l'histoire de la céréaliculture

a. la longue histoire du blé et les premières innovations,
b. regard sur 50 années de cohabitation quantité et qualité,
c. place de l'innovation aujourd'hui : innovation de rupture, innovation continue,
d. l'innovation dans l'avenir : Biotechnologies, génétique, nouvelles technologies de l'information…,

Gilles THEVENET, Directeur Scientifique ARVALIS- Institut du Végétal

4 - L'innovation dans une entreprise

a. Comprendre comment sont organisés les exploitants,
b. Quelles sont leurs attentes majeures,
c. Synthèse de ces attentes et élaboration du produit.

Benoît PUEL, Responsable développement produit, Société MICHELIN à Clermont - Ferrand

5 - Un exemple d'innovation porteuse d'avenir :

les biotechnologies et les céréales à paille

a. L'intérêt des biotechnologies
b. L'intérêt pour le producteur,

M. Alain TOPPAN, Coordonnateur de recherche Biogemma, Centre de Mondonville (31)

6 - Un outil au service des innovations/des biotechnologies

- Le centre de génotypage du blé,

M. Gilles CHARMET, Directeur de recherche INRA, Centre de Clermont-Crouël

7 - L'innovation au service d'un producteur

Des exemples d'innovation au quotidien : témoignage d'un producteur,

M. Rémi HAQUIN, Agriculteur dans l'Oise, membre du Bureau de l'AGPB.

8 - L'innovation au cœur de la vie ?

Retour sur les différentes interventions, sur le rôle de l'innovation dans nos métiers, dans nos sociétés ?

M. Michel CALLON, Chercheur au Centre de Sociologie de l'Innovation - Ecole des Mines de Paris


   


   
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