Note de présentation générale
 
Carrefour 1 - Céréales, Energies et Développement durable
Carrefour 2 - Autour du second pilier de la PAC
Carrefour 3 - L'exploitation céréalière, demain





CONFERENCE DE PRESSE
Présentation du 79ème Congrès
de l'AGPB
Toulouse - 18 et 19 juin 2003



 Note de présentation générale

Le Congrès de l'AGPB se tient une semaine après le Conseil des ministres de l'Agriculture de l'UE des 11 et 12 juin et avant un éventuel autre Conseil les 23 et 24. Le déroulement des travaux du Congrès sera donc fortement influencé par la réforme de la PAC. Les congressistes auront soit à réagir à une décision de réforme, soit à s'exprimer sur les dernières évolutions connues des discussions. Au-delà, les discussions de l'OMC tiendront également une place importante au cours de ce Congrès, ainsi que les orientations de politique agricole nationale que nous attendons des Pouvoirs publics français.

A. Réforme de la PAC : des propositions inacceptables à tous égards

1) Sur la démarche générale de la Commission, l'AGPB rejoint l'ensemble des organisations professionnelles françaises et européennes.

   Cette démarche est abusive dans son principe ; elle excède le mandat qu'avait reçu la Commission dans le cadre d'Agenda 2000.

   Le découplage porte en germe des distorsions de concurrence entre régions et producteurs, des déprises de terres agricoles, la destruction des organisations de marchés, la création de rentes foncières et, in fine, la disparition des compensations.

  Les baisses de prix -directes, indirectes- n'amèneraient que des baisses de revenu, aucun gain en termes de débouchés, à l'inverse des réformes de 1992 et 2000.


2) Pour ce qui concerne les mesures touchant plus fortement ou plus spécifiquement les producteurs de grandes cultures :

l'AGPB s'oppose totalement à la modulation et à la dégressivité.

Les producteurs de grandes cultures subiront déjà fortement le plafonnement des dépenses du premier pilier. Ils n'acceptent donc pas d'être ponctionnés, pour financer quelque réforme d'organisation de marché que ce soit (dégressivité). Ils refusent tout autant d'avoir à abonder le second pilier (modulation). Ce refus est d'autant plus fondé que les Quinze n'ont jamais décidé de plafonner leurs contributions à ce pilier.

L'instauration d'une jachère fixe à 10% est incohérente. En tant qu'instrument de régulation de la production, la jachère obligatoire ne peut qu'être variable. Par ailleurs, si la jachère doit être pratiquée pour des raisons environnementales, ce ne peut être qu'en fonction de circonstances locales. Cela ne peut alors relever d'un régime obligatoire généralisé.

Pour le blé dur, l'insuffisance de l'aide dite de qualité prévue en zone traditionnelle et la suppression de toute aide spécifique dans les zones non traditionnelles sont de nature à faire régresser la production et augmenter les importations. Souvenons-nous notamment qu'en 1992, le blé dur a été soumis quelque temps dans ces zones à un traitement similaire, que sa production s'y est effondrée, que les importations se sont fortement développées pour approvisionner les semouleries d'Europe du Nord.

En ce qui concerne les cultures réalisées à des fins non alimentaires, l'AGPB, s'oppose à ce qu'elles ne puissent plus être pratiquées sur jachère. Elle juge par ailleurs insuffisantes le montant du crédit-carbone (45€/ha) et les surfaces qui, d'après les données budgétaires de la Commission, pourraient en bénéficier (1,5 Mha). Ces chiffres sont incohérents avec les orientations prises à Bruxelles, notamment en matière de bio-carburants.

Quelques commentaires et réactions enfin à propos du découplage partiel.

Sur le fond, en céréales et oléagineux, nous sommes déjà découplés : les montants de compensations/tonne sont les mêmes - jachère y comprise - et les rendements de référence, fixés en 1992, n'ont rien à voir avec la réalité de la production. Si un découplage partiel était décidé par l'UE, il suffirait donc de supprimer l'obligation de déclaration par culture.

Face à une telle éventualité, nous avons en tout état de cause une exigence : les compensations étant un élément indispensable du revenu des céréaliers , il faut en rester, pour l'attribution de compensations découplées, aux surfaces éligibles historiques de 1992; il ne saurait être question d'accroître le nombre d'hectares éligibles. De façon cohérente, nous sommes tout à fait d'accord sur des mesures visant à empêcher d'asseoir le développement d'autres productions que céréales et oléagineux sur la base de compensations découplées.

B. OMC : une négociation déterminante pour les dimensions de notre céréaliculture


1) Un dernier aspect du découplage est que, avec sa proposition, la Commission européenne a voulu anticiper sur les négociations de l'OMC
. Ce n'est pas l'aspect le moins inadmissible de la démarche.

a) En agissant ainsi, la Commission a admis de fait la contestation anglo-saxonne des aides de la boîte bleue, qui, pourtant, sont liées à des mesures de maîtrise de la production.

C'est tout l'inverse de ce qu'elle avait le devoir de faire, c'est-à-dire :

  - contester les critères de l'OMC quant au classement en boîte verte,
  - exiger en conséquence que certaines de ces aides de la boîte verte soient reclassées en boîte   bleue et liées elles aussi à des mesures de maîtrise de la production.
  La Commission européenne a manqué là une occasion importante de revendiquer le partage de   la jachère à l'échelle internationale

2) Nous ne pouvons oublier non plus que, dans sa proposition de modalités de négociation rendue publique le 16 décembre 2002, la Commission européenne, en dépit du mandat du Conseil des ministres :

  - mettait sur la table une suppression des restitutions sur le blé,
  - n'attaquait nullement le marketing loan en tant que système d'aide à l'exportation.

Heureusement, après intervention des organisations agricoles, notamment de l'AGPB, le Conseil des ministres des Affaires Générales du 28 janvier a réintroduit ces points dans les propositions officielles de l'UE.

3) Face à la tendance de la Commission à concéder gratuitement - et c'est elle qui négocie - rappelons jusqu'où vont les propositions de soi-disant compromis de  M. Harbinson, le Président du Comité de l'Agriculture de l'OMC, en matière d'exportation et d'accès :

  - pour les restitutions à l'exportation, il y aurait élimination d'une première moitié en 5 ans et de
   l'autre moitié en 9 ans. Face à cela, rien sur le marketing loan et peu d'avancées sur les crédits
   à l'export et l'aide alimentaire,

  - pour l'accès, les droits de douane courants devraient être réduits de 50% à 60% en 5 ans et, au
   terme de 5 ans, les contingents à droits réduits devraient atteindre 10% de la consommation
   intérieure.

4) Les volumes de débouchés des céréales européennes ainsi remis en cause sont considérables.

Pour l'UE à 25, jusqu'à 25 Mt de débouchés à l'exportation pourraient être perdues et 23 Mt pourraient être importées* (contre 9,4 Mt en moyenne en 1999/00 et 2000/01, avant les importations de Mer Noire, et 15 Mt depuis 2 ans avec ces importations).

De telles diminutions de débouchés remettraient complètement en cause le prix d'intervention et aboutiraient à une forte augmentation de la jachère.

Pour les exportations céréalières, il faudrait dans l'absolu 12% de jachère obligatoire en plus si l'UE perdait 25 Mt de débouchés à l'exportation. Or les exploitants soumis à jachère obligatoire dans l'UE sont déjà à 15% de jachère (10% en obligatoire et 5% en volontaire)

A l'évidence, à productivité physique égale, l'Europe a besoin de maintenir ses débouchés à l'exportation de céréales pour maintenir ses surfaces cultivées, sauf à pouvoir produire les protéines végétales qu'elle importe aujourd'hui. Mais, l'on sait ce qu'il en est dans l'esprit de M. Fischler.

Dans cette même logique, il est impossible que l'U.E. accroisse substantiellement ses importations.

L'évolution des dimensions de la céréaliculture française et européenne dépendra donc beaucoup des négociations de l'OMC.

Ajoutons ceci : la productivité physique devrait continuer à croître et, par conséquent, les dimensions de la céréaliculture dépendront également du développement des agro-énergies, seul nouveau débouché de masse possible. De manière générale enfin, les céréaliers seront d'autant plus aptes à consolider leurs débouchés classiques et à en conquérir de nouveaux qu'ils seront placés dans les meilleures conditions de compétitivité possible.

Sur ces deux sujets, compétitivité et agro-énergies, le Congrès aura beaucoup à dire aux Pouvoirs publics français.


C. La nécessité d'une politique nationale de compétitivité et de développement des nouveaux débouchés

1) C'est à l'échelle nationale, en effet, que se prennent la plupart des décisions qui permettent aux céréaliers d'optimiser leur compétitivité

L'AGPB, qui prend acte avec satisfaction de la réforme de la fiscalité des plus values à court terme, souhaite que les entraves juridiques affectant l'assolement en commun disparaissent. La loi de développement rural en est l'occasion idéale. C'est essentiel, compte tenu du poids des charges de mécanisation dans les systèmes de grandes cultures. Rappelons qu'à surface quadruplée, les coûts en matériel n'y augmentent que de 40%. Cela explique l'intérêt manifesté en toutes régions pour l'assolement en commun.

La compétitivité dépendant également de la sensibilité des exploitations aux aléas économiques et climatiques, l'AGPB souhaite avec la FOP et l'AGPM l'accélération des travaux entrepris avec les assureurs et les Pouvoirs publics en matière d'assurance chiffre d'affaires.

De manière générale, il faut faciliter toute ce qui peut concourir à une meilleure organisation et à une meilleure dynamique globale des exploitations.

Ainsi faciliter les mouvements de rapprochement des exploitations tels que l'assolement en commun ne contribue pas seulement à diminuer les coûts. Cela concourt à libérer du temps de travail qui peut être opportunément réinvesti dans des activités de diversification, agricoles ou non, susceptibles de consolider les exploitations.

Par exemple encore, le volume croissant des informations que doivent recevoir et fournir les exploitants exige qu'ils puissent accéder aux moyens les plus rapides de transmission de données. Cela suppose notamment des investissements publics en milieu rural pour pouvoir accéder aux services Internet haut débit au même coût qu'en ville.

La compétitivité enfin, c'est celle qui peut résulter de l'organisation interprofessionnelle des filières pour améliorer les qualités des produits, mener des campagnes de promotion, développer des débouchés nouveaux etc. C'est pourquoi l'AGPB demande la reconnaissance officielle rapide d'Intercéréales afin de permettre la montée en puissance de l'interprofession céréalière.


2) C'est également à l'échelle nationale que doit être menée une vigoureuse politique en faveur de l'agro-énergie maintenant que le cadre européen est clairement établi en la matière.

Les céréales et plantes oléagineuses sont de formidables économiseurs de CO2 et la France disposera en 2010 de 2,5 Mha(**) à affecter aux bio-énergies (bio-chaleur, bio-électricité, bio-carburants).

Il est urgent que la France ait dans le domaine des carburants une fiscalité
cohérente (***) ou qu'elle décide de taux d'incorporation obligatoires dans les carburants.

Elle doit également s'employer à développer la production de chaleur et d'électricité à partir des céréales. Par exemple, en fixant des tarifs de rachat d'électricité ex-biomasse par EDF qui soient équivalents à ceux de l'électricité éolienne (ils sont actuellement inférieurs de moitié). Par exemple encore, en prenant des mesures d'aides à l'équipement en chaudières à paille (les chaudières à bois en bénéficient déjà).


C'est de toutes ces évolutions politiques, de toutes ces évolutions de débouchés et de la structuration de nos filières que dépendra l'avenir de notre céréaliculture. La taille et l'organisation des exploitations céréalières ne pourront que s'adapter aux marges qui résulteront de ces évolutions. Une organisation comme l'AGPB se doit être active sur tous ces dossiers.

—————————
(*) chiffre ne tenant pas compte des importations indirectes de céréales, sous forme de viande de porc et de poulet

(**) 1,7 Mha actuellement en jachère et 100 000 ha de plus par an, potentiellement, compte tenu du décalage entre les rythmes d'accroissement respectifs de la production et des utilisations conventionnelles

(***) Actuellement le bio éthanol supporte une taxation de 9,57   par gigajoule (3,94 €  en 2002) contre 2,19 € pour le GPL (gaz propane liquéfié) et 2,21 €pour le GNV (gaz naturel véhicule), deux carburants alternatifs dont l'utilisation n'apporte aucune réduction de CO2


                                                      


 Carrefour "Céréales, Energies et Développement durables"

THEME : Stratégie du secteur céréalier, acteur de la lutte contre le changement climatique et fournisseur de matière première renouvelable, pour le développement durable


1. ATTENTES DU MONDE POLITIQUE

Les interrogations du monde politique sur la lutte contre le changement climatique, l'accroissement des ressources énergétiques renouvelables, les bases du développement durable

     Intervenant : Henry Hervé BICHAT, Président de la Commission "Agriculture", Plan Climat      2003, Mission Interministérielle Effet de Serre (MIES)


2. PRODUIRE DURABLEMENT POUR UTILISER DURABLEMENT


Exploitation céréalière type (blé, colza, betteraves) et ordres de grandeur des contributions positives apportées au stade de la production :

   - à la réduction des émissions de gaz à effet de serre,

   - à l'économie d'énergies fossiles,


Bilans énergétiques et de gaz à effet de serre des exploitations. Valorisation de
ces bilans dans les filières (du carbone séquestré au sol à la substitution aux
ressources fossiles). Quelles surfaces y consacrer ?

        Intervenant : Afsaneh LELLAHI-MONTARGES, Ingénieur d'études
        chargée de l'environnement, ARVALIS, Institut du Végétal, Service Techniques de production,         Département R & D

3. LES AGRO-ENERGIES A LA RESCOUSSE DU CLIMAT DANS UNE STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DURABLE

Table ronde animée par Erik MASSIN, Rédacteur en chef du Betteravier français, avec :

   · Alain d'ANSELME, Président du Syndicat National des Producteurs
     d'Alcools Agricoles (SNPAA),
   · Oscar LUMBRERAS CASTELLANO, Directeur de l'approvisionnement de
     l'Unité de Production Electrique de Sangüesa (Compagnie EHN,
     Département Biomasse), Navarre, Espagne,
   · Gérard FERNANDEZ, Chef de groupe " Utilités, Services ", Exploitation
     centrale énergie, CEA-Valduc,
   ·  Henry Hervé BICHAT, Ministère de l'Agriculture,
   ·  Philippe GUILLARD, S/Directeur Raffinage et logistique pétrolière,
      DIREM, Ministère de l'Industrie,
    · Claude ROY, Directeur Agriculture et Bioénergies, ADEME,
   · Charles-Amédée de COURSON, Député de la Marne, Commission des
       Finances de l'Assemblée Nationale

Les questions abordées :

  Les agro-énergies de part et d'autre des Pyrénées

  Quelles suites aux nouvelles directives européennes ?

  Débat National Energie : les agro-énergies dans le bouquet d'énergies
pour l'avenir

  Plan Climat 2003 : quelles propositions tirer des travaux ?

  Choix et critères de choix des administrations et décideurs
publics

  Rendre compatible efficacité et équité fiscales en matière d'énergie

  Dividendes de la mobilisation des agro-énergies pour l'économie

4. CONCLUSIONS

Enjeux et actions

                                               

 Carrefour "Autour du second pilier de la PAC"

THEME : Quelles actions développer sur des exploitations céréalières au titre du développement rural ?

1. DEFINITION DU DEVELOPPEMENT RURAL ET MISE EN ŒUVRE DANS L'UE

  Rappel du cadre communautaire de la politique de développement rural

  Etude comparée de la mise en œuvre de cette politique dans les pays de l'Union européenne

    Intervenant : François MITTEAULT, Directeur-Adjoint, Direction des Exploitations, de     l'Environnement et de l'Aménagement rural, CNASEA


2. LA DECLINAISON FRANÇAISE DU DEVELOPPEMENT RURAL


  Les actions du Plan de Développement Rural National (PDRN) et des Documents Uniques de Programmation (DOCUP). Les nouveaux CAD et le projet de loi de Développement rural en préparation

  Autres pistes de travail, notamment au travers de la loi de décentralisation

    Intervenant : Marie-Agnès VIBERT, Chef de la Mission Europe et Régions, Direction     Générale de la Forêt et des Affaires Rurales, Ministère de l'Agriculture

3. EXEMPLE DU ROLE D'UN CONSEIL REGIONAL EN MATIERE DE DEVELOPPEMENT AGRICOLE ET DE DEVELOPPEMENT RURAL

  Axes prioritaires du soutien du Conseil Régional Midi-Pyrénées au développement agricole. Réflexion du Conseil sur le financement des actions de développement rural

    Intervenant : Alain FAUCONNIER, Président de la Commission Agriculture et
    Agro-alimentaire du Conseil Régional Midi-Pyrénées

4. UN EXEMPLE D'INITIATIVE LOCALE

Présentation d'un projet blé-farine-pain dans l'Aveyron concernant 25 agriculteurs, une coopérative, 2 meuniers et 40 boulangers

   -  les modalités de financement,

   -  les différentes étapes franchies par les agriculteurs, leurs attentes en terme        d'accompagnement de projet et en termes de service


  Les conditions générales de réussite d'une initiative


    Intervenant : Daniel PUJOL, Mission Interrégionale pour la Valorisation des Terroirs

                                                    



 Carrefour "L'exploitation céréalière, demain"

1. LE POINT DE VUE DES CEREALIERS : ENQUETE AUPRES DE 20 000 PRODUCTEURS

 Indications de l'enquête sur les mesures privilégiées par les agriculteurs pour pérenniser leur     exploitation

    -   sous forme d'économie de charges,

    -   en terme de recherche de revenus supplémentaires.

     Intervenant : Gil KRESSMANN, Directeur Associé de SOPRANO, réalisateur de l'enquête


2. EXAMEN DES FACTEURS ET ATOUTS DETERMINANTS POUR L'EVOLUTION DES EXPLOITATIONS

  Les éléments les plus significatifs du tableau de bord de l'exploitation

     Intervenant : Alain PAPOT, Secrétaire Général, CER France région Centre

  Forces et faiblesses des grands pays producteurs de blé (analyse des coûts de production).      Marges de manœuvre en France

      Intervenant : Guy LEMAITRE, ARVALIS - Institut du Végétal, Service des Etudes
      Economiques, Département R & D

  Des activités hors exploitations pour des revenus supplémentaires : les atouts du profil "      agriculteurs "

     Intervenant : Robert MALEVILLE et Bruno ROLLIN, Consultants, VAKOM/HERES


                                             
   
  Conçu et réalisé par Magnitude