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Aides à l'agriculture
Les programmes d'assurance récolte et
d'assurance revenu en Amérique du Nord
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Les pays d'Amérique du Nord (Etats-Unis,
Canada) encouragent les agriculteurs à s'assurer
contre la baisse des rendements et des prix de marché.
Les programmes en vigueur aux Etats-Unis retiennent
particulièrement l'attention en raison de
l'importance des budgets qui leur sont consacrés et
de l'impact de ces mesures sur la production et les
échanges. Les règles actuelles des accords de
Marrakech doivent être adaptées pour mieux prendre
en compte ces distorsions.
Un pilier du soutien à la production de
grandes cultures aux Etats-Unis
Les programmes d'assurance sont devenus ces dernières
années un élément fondamental du système de
soutien aux grandes cultures aux Etats-Unis. A
l'assurance récolte, existant depuis plusieurs décennies,
s'est ajoutée à partir de 1996 - année d'entrée
en application du FAIR Act - une assurance des
recettes par culture, qualifiée improprement
d'assurance revenu.
L'assurance revenu a fait l'objet d'un vif
engouement depuis son introduction (graphique 11).
Elle couvre, en 2000, 17 % des surfaces plantées en
blé et 36 % des surfaces plantées en maïs.
Globalement, près de 70 % des superficies en blé
et en maïs bénéficient aujourd'hui d'une
assurance récolte ou d'une assurance revenu.
Les budgets ont suivi : les dépenses de l'USDA au
titre des programmes d'assurance ont progressé de
deux tiers entre les périodes 1991-95 et 1996-2000
(graphique 12). Ces dépenses pourraient encore
doubler dans les prochaines années, par rapport au
niveau moyen de la période 1996-2000, en raison de
la réforme des programmes d'assurance récemment
adoptée pour renforcer le " filet de sécurité
" du revenu des farmers. Le budget de l'USDA
pour les programmes d'assurance se rapproche de
celui prévu pour les PFC dans la dernière année
du FAIR Act (4,0 milliards de dollars en 2002).
Un effet incitatif sur la production
Les aides à l'assurance influent sur les décisions
de production des agriculteurs de plusieurs façons.
· Elles encouragent
l'agriculteur à planter en réduisant le risque de
production et/ou le risque de marché.
· Les subventions de
primes étant proportionnelles au montant des primes
d'assurance, elles bénéficient tout particulièrement
aux producteurs situés dans des " régions à
risques " ou aux producteurs de " cultures
à risques ".
Les programmes d'assurance contribuent ainsi à
entretenir les excédents de production, notamment
en ce qui concerne le blé. Les indemnités
d'assurance versées aux producteurs de blé sont
d'ailleurs chroniquement supérieures aux primes payées
par ces derniers, ce qui n'est pas le cas pour le maïs
et le soja.
Les conséquences pour les négociations à l'OMC
Les Etats-Unis ont classé les aides à l'assurance
dans la boîte orange de l'Accord sur l'agriculture,
ce qui implique normalement qu'elles devraient être
soumises à réduction au titre des engagements
portant sur la MGS. Toutefois, ces aides sont notifiées
comme des mesures de soutien interne " autres
que par produit ". Elles sont dès lors exemptées
de réduction au motif que leur montant est inférieur
à 5 % de la valeur totale de la production agricole
(clause " de minimis ").
Compte tenu de l'effet distorsif de ces aides, il
convient de réviser les disciplines qui leur sont
appliquées. Deux options se présentent.
· Le fait que le
soutien à l'assurance soit censé ne pas être lié
au produit est contestable, dans la mesure où ce
sont essentiellement les grandes cultures qui en bénéficient
et où ces aides influent sur les assolements. La
notification des aides à l'assurance dans la catégorie
du " soutien par produit " semblerait plus
approprié.
· La clause de minimis
devrait être modifiée (conditions d'application,
niveau du pourcentage servant de seuil à
l'exemption des aides, etc.), de façon à éviter
toute utilisation abusive. Outre les programmes
d'assurance, cette clause pourrait en effet être
invoquée par les Etats-Unis pour exempter de réduction
les aides d'urgence contre la baisse des prix.
Une réflexion sur les disciplines relatives à
l'assurance récolte et à l'assurance revenu est
d'autant plus urgente que les Etats-Unis pourraient
demander dans les négociations commerciales une
exemption totale pour ces programmes, dans le but de
renforcer le filet de sécurité des producteurs.
(e) estimation - Les grandes
cultures comprennent les céréales (sauf le riz) et
le soja
Source : Agri US Analyse d'après USDA
(e) estimation ; (p) prévision (1) Assurance récolte
et assurance revenu. Dépenses nettes des primes payées
par les agriculteurs
(2) L'année fiscale n commence le 1er octobre de
l'année civile n-1
Source : Agri US Analyse d'après USDA
[AGPB et AGPM - 14 novembre 2000]
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