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Aides à l'agriculture
MODULATION : LE DISPOSITIF PREVU PAR LE DECRET DU 24 MARS 2000
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Pour l'essentiel, le décret du 24 mars 2000
relatif à la modulation des compensations reprend
les dispositions annoncées lors du Conseil Supérieur
d'Orientation du 18 novembre 1999.
I - les exploitations concernées par la
modulation
1) Il s'agit des exploitations
- dont le montant total de compensations était
égal ou supérieur à un seuil de 30 000 euros (196 787 F) en 1999.
- et, simultanément, dont la Marge Brute
Standard (MBS) totale calculée par l'administration
pour 2000 est égale ou supérieure au seuil minimum
de 50 000 écus valeur 1994 (329 200 F) fixé par
arrêté du Ministère de l'Agriculture.
2) En ce qui concerne les GAEC, afin
d'apprécier si l'exploitation est ou non modulable,
les seuils de compensations et de marge brute
standard ci-dessus sont multipliés par le nombre
d'associés apporteurs en capital. Ce n'est pas le
cas pour les autres types de sociétés.
3) Le statut de l'exploitation pris en
considération sera celui qui figure sur la déclaration
de surfaces ou, à défaut, celui existant au
1er janvier.
4) Lorsqu'une même personne dirige plusieurs
exploitations, le seuil de 30 000 euros de
compensations n'est pris en compte qu'une seule
fois.
II - Le calcul de la modulation pour 2000
Les compensations calculées pour 2000 en
fonction des déclarations de surface se voient
appliquer un taux de modulation calculé pour chaque
exploitation concernée selon les mécanismes
ci-dessous.
A- Etablissement d'un montant fictif de
modulation sur la base des compensations 1999
Ce montant est la somme de deux chiffres
1) premier chiffre, 3% de la fraction des
compensations 1999 au-dessus de 196 787 F
2) le deuxième chiffre dépend des paramètres
et de la formule qui suivent
2-1 les paramètres
a) la MBS affectée à l'exploitation par
l'administration en 2000 (pour les GAEC - et non
pour les autres types de sociétés - la MBS est
divisée par le nombre d'associés apporteurs en
capital),
b) le seuil minimum de MBS fixé par arrêté du
Ministère de l'Agriculture (voir début de note,
point I.1)
c) un «seuil maximum» de MBS
également fixé par arrêté du Ministère de
l'Agriculture, soit 150 000 écus valeur 1994 (987 600 F).
d) la fraction des compensations 1999 au-dessus de
196 787 F
e) des abattements sur la fraction ci-dessus au
titre des actifs présents sur l'exploitation
· pour les exploitations individuelles ou pour
les sociétés autres que les GAEC, abattement de
22 500 euros - soit 147 590 F - au titre des
co-exploitants à titre principal (voir définition
en annexe) à partir du 2ème exploitant.
· pour les exploitations individuelles ou pour
les sociétés autres que les GAEC, abattement de
7 500 euros - soit 49 197 F - pour les co-exploitants
à titre secondaire (voir définition en annexe) à
partir du 2ème co-exploitant.
· pour les conjoints collaborateurs (voir précision
en annexe), abattement de 7 500 euros, soit 49 197 F.
· pour les aides familiaux et les associés
d'exploitation (voir définitions en annexe)
travaillant dans une exploitation individuelle ou un
GAEC, abattement de 7 500 euros, soit 49 197 F.
· pour les salaires bruts et cotisations
patronales versés par l'employeur ou remboursés à
un groupement d'employeurs abattement jusqu'à
22 500 euros maximum par salarié, soit 147 590 F.
· une même personne physique travaillant sur
plusieurs exploitations ne peut être prise en
compte qu'une seule fois pour le calcul des
abattements. Cette règle ne s'applique cependant
pas aux salariés de groupements d'employeurs.
2-2 Les formules de calcul
a) pour les exploitations à MBS supérieure au
seuil maximum de MBS arrêté par le Ministère de
l'Agriculture, le 2ème chiffre composant le montant
fictif de modulation équivaut à 25% de la fraction
des compensations 1999 excédant 196 787 F, cette
fraction étant éventuellement minorée des
abattements au titre des actifs présents sur
l'exploitation.
b) pour les exploitations à MBS comprise entre
les seuils minimum et maximum de MBS arrêtés par
le Ministère de l'Agriculture, le 2ème chiffre est
obtenu en multipliant la fraction des compensations
1999 excédant 196 787 F, éventuellement minorée
des abattements au titre des actifs présents sur
l'exploitation, par
| 0,25 X |
MBS de l'exploitation - seuil minimum MBS |
| seuil maximum MBS - seuil minimum MBS |
B - Le taux de modulation
Le taux de modulation est le rapport entre le
montant fictif de modulation établi sur la base des
compensations 1999 et ces compensations-mêmes.
Toutefois, ce taux est plafonné à 20%, comme le
veut la réglementation européenne. Il ne s'agit
que d'un taux provisoire, puisqu'il est en grande
partie calculé sur la base des compensations 1999.
Une régularisation interviendra donc au moment du
versement des modulations 2001.
III- Modalités diverses
1) Communication à l'administration des éléments
destinés à l'établissement des MBS
Les exploitants susceptibles de percevoir plus de
196 787 F de compensations en 2000 avant calcul de
la modulation doivent communiquer à
l'administration les éléments lui permettant d'établir
leur MBS. A défaut, ils peuvent se voir appliquer
le maximum de réduction des compensations, soit
20%. Un arrêté du ministre de l'Agriculture doit définir
quels sont ces éléments.
2) Situation des exploitations nouvellement créées
Pour calculer la modulation de ces exploitations,
les montants de compensations à prendre en compte
sont fonction des déclarations de surface pour
l'année 2000.
IV - Annexes
1) La Marge Brute Standard
Depuis des années, les statisticiens calculent
des marges brutes moyennes par région
administrative européenne pour chaque type de
production, et également, pour la jachère. Ce sont
les Marges Brutes Standard (MBS). Les calculs
sont effectués en déduisant les charges directes
(semences, engrais, phytos, etc.) des recettes
(valeur monétaire de la production brute +
compensations). Les données les plus récentes
portent sur l'année 1994.
Dans la logique du décret, tout agriculteur
percevant des compensations doit déclarer
l'ensemble de ses productions. L'administration
affecte une MBS à chacune d'elles en multipliant la
MBS régionale propre à cette production par le
nombre d'hectares ou de têtes de cheptel déclarées.
Ainsi, l'exploitation se voit attribuer une MBS
totale.
2) Co-exploitants à titre principal et
secondaire, conjoints collaborateurs, aides
familiaux, associés d'exploitation
a) Statut de co-exploitant
Ont ce statut les membres de la famille d'un
exploitant individuel, d'une part, ainsi que les
associés d'une société, d'autre part, qui sont déclarés
comme exploitants à la MSA et payent les
cotisations sociales correspondantes (AMEXA,
assurance-vieillesse).
b) Exploitant à titre principal ou secondaire
En cas de double activité, on est exploitant à
titre principal ou secondaire selon que l'on perçoit
ou non les prestations d'assurance maladie,
invalidité et maternité des personnes non salariées
des professions agricoles.
c) Conjoint collaborateur
C'est un nouveau statut issu de la récente loi
d'orientation agricole. Il s'agit d'un statut intermédiaire
entre le statut de conjoint co-exploitant et la
situation de conjoint non-exploitant.
d) Aide familial et associé d'exploitation.
Ont l'un ou l'autre de ces statuts les
collaborateurs familiaux non salariés
d'agriculteurs en exploitation individuelle ou en
GAEC.
[AGPB - 29 mars 2000]
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