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Agro-industrie
Diversifier l'approvisionnement pour mieux maîtriser l'offre de carburants liquides
 

L'augmentation du prix des produits pétroliers, source de perturbations économiques graves, peut aussi être l'occasion d'une révision constructive de la politique d'approvisionnement énergétique. Si l'on choisit de diversifier la nature des produits énergétiques et si l'on veut se donner un objectif environnemental, il faut développer les sources d'énergie renouvelables nationales. Dans cette optique, la révision de la politique pétrolière française par un accroissement substantiel des volumes de biocarburants, tirés des ressources de son agriculture,
devient une nécessité d'intérêt public.


SITUATION ACTUELLE DES BIOCARBURANTS (1)

La France produit des biocarburants qui servent d'additifs aux essences (ETBE) et au gazole (ester). Pour des raisons qui tiennent en partie aux règles fiscales communautaires, la production de biocarburants en France (éthanol sous forme d'ETBE et ester d'huiles végétales) en est restée à un stade de démonstration : 193 000 t d'ETBE et 264 000 t d'ester en 1999.

Des demandes pour des agréments d'unités nouvelles (155 000 t d'ETBE et 75 000 t d'ester) sont en attente depuis deux ans. L'ensemble représente des surfaces de moins de 400 000 ha.

UN POTENTIEL INEXPLOITE

Un triplement des surfaces (1,2 million d'hectares) pourrait intervenir rapidement pour produire ces types de carburants sans que l'approvisionnement des débouchés agricoles conventionnels en soit affecté. De plus, des ressources ligno-cellulosiques complémentaires, sous-produits de cultures annuelles ou pérennes, offrent une grande latitude pour la fabrication d'alcools ou pour un emploi comme combustibles venant également en déduction des produits pétroliers à importer.

Par rapport à l'approvisionnement français, les ressources énergétiques mobilisables sont significatives et, donc, elles peuvent contribuer à influencer le prix des carburants.

La flambée des prix du pétrole aujourd'hui est due à une insuffisance de production de 1 million de barils par jour, suite aux décisions de l'OPEP.L'équivalent énergétique annuel de ce volume pourrait être obtenu sur une dizaine de millions d'hectares de terres arables dédiées à des cultures énergétiques.

UNE OPPORTUNITE A SAISIR

Une politique de développement de biocarburants reposant sur une adaptation permanente de leur fiscalité en fonction de l'évolution des prix pétroliers pourrait constituer la base d'une " révolution tranquille ". " Révolution " parce que cette évolution modifierait la structure monopolistique et l'image monolithique du marché des carburants, " tranquille " car les formules proposées ont été validées au plan technique en France, en Europe et dans divers autres pays (USA, Brésil).

Conclusion :

Il importe, à l'occasion des désordres socio-économiques suscités par la situation fiscale et les prix du pétrole brut, de développer une production significative de biocarburants assortie d'une politique fiscale innovante, motivée par des impératifs de diversification autant qu'environnementaux (lutte contre l'effet de serre).

(1) pour plus d'information voir dans les documents d'information de l'Assemblée Nationale, le n° 2361/2000 "Les biocarburants dans l'Union européenne : un atout à valoriser" (Délégation pour l'U.E.).

[AGPB - 5 septembre 2002]
 
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