Clôture des Etats Généraux de l'alimentation

Après 5 mois de travaux, le Premier ministre a clos, hier, les Etats généraux de l’alimentation. Si sur la première partie, il a donné des orientations claires avec notamment l’annonce d’un projet de loi prochainement, sur la seconde, beaucoup d’éléments demeurent en suspens, et donc on peut espérer que ces sujets d’importance pour notre filière restent ouverts à la discussion.

Le Premier ministre a ainsi annoncé cinq plans distincts qui seront présentés au cours du  premier semestre 2018: le plan d’investissement de 5 milliards d’euros, un « plan pour limiter l’usage des pesticides et sortir du glyphosate dans un délai de 3ans », un plan Ambition bio, un plan de bioéconomie et un plan restauration collective. Il est à noter que le Ministre de l’agriculture a parlé dans son discours de plan de sortie des produits phytosanitaires…

Pour le premier Ministre, le plan concernant des produits phytosanitaires est en préparation et devrait faire l’objet d’une concertation afin qu’il soit finalisé avant la fin du premier trimestre 2018. Il n’a pas prononcé les mots « zéro phyto » comme nous les avons trop souvent entendus dernièrement et il a repris la logique de contrat de solutions plutôt que de parler d’interdictions. Il est aussi à noter que le Premier ministre  a indiqué vouloir agir « au niveau européen et national » en matière de produits phytosanitaires pour atteindre trois objectifs :

  • Exclure et substituer les molécules et les produits les plus dangereux également au niveau européen.
  • Evaluer les substances dont l’exclusion ou la substitution ne sont pas prévues (comme c’est le cas pour le glyphosate).
  • Aider les agriculteurs à développer des alternatives.

Il a par ailleurs indiqué que cela «  ça se prépare, ça s’organise, ça s’accompagne. Surtout quand les filières concernées sont exposées à la concurrence internationale et craignent des distorsions de concurrence, comme c’est le cas dans les grandes cultures ».

Naturellement, toute notre attention va se porter sur ce plan. Il y a déjà deux points de vigilance majeurs que nous connaissons. D’une part, la hausse de la redevance pour pollution diffuse et la séparation de la vente et du conseil. A l’heure où la filière connait des difficultés sans précédent, il serait aberrant de faire peser sur les producteurs, les OS et les négociants de nouvelles charges et taxes.

Cette journée de clôture a aussi été l’occasion de présenter les plans de filière voulus et demandés par le Président de la République lors de son discours à mi-parcours des EGA, et notamment le plan de transformation de la filière céréalière. L’ambition de ce plan co-construit avec l’ensemble des acteurs de la filière céréalière est de répondre aux attentes de nos clients nationaux, européens et internationaux en poursuivant trois objectifs stratégiques : rester compétitifs, créer de la valeur, fournir un produit céréalier de qualité tout en préservant l’environnement.

Beaucoup reste donc à faire et l’AGPB qui était présente à la table des négociations des EGA, reste entièrement mobilisée pour cette nouvelle étape.